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Points clés
1. Les propres archives de Colomb suggèrent un contact africain antérieur
Les Indiens de cette Española disaient qu’étaient venus à Española des hommes noirs dont les pointes de lance étaient en un métal qu’ils appellent gua-nin, dont il [Colomb] avait envoyé des échantillons aux souverains pour qu’ils soient analysés, et l’on découvrit que sur 32 parties, 18 étaient en or, 6 en argent et 8 en cuivre.
Rencontres précoces. Les journaux et lettres de Christophe Colomb, ainsi que les récits de ses compagnons tels que le frère Bartolomé de las Casas, contiennent des allusions fascinantes à une présence africaine dans le Nouveau Monde avant son arrivée. Lors de son premier voyage, Colomb nota que les indigènes d’Hispaniola parlaient de « peuples noirs » venus du sud et du sud-est. Ces Africains apportaient des lances dont les pointes étaient en un métal appelé « guanin » qui, une fois analysé en Espagne, correspondait à l’alliage unique d’or et de cuivre que l’on trouve en Guinée, en Afrique.
Renseignements portugais. Le roi Don Juan de Portugal, lors d’une entrevue avec Colomb en 1493, révéla ses propres informations sur des voyages africains vers des terres situées de l’autre côté de l’Atlantique. Il évoqua « des bateaux partis de Guinée et naviguant vers l’ouest avec des marchandises », ce qui le conduisit à proposer une ligne de démarcation à 370 lieues à l’ouest des îles du Cap-Vert. Cette ligne, officialisée plus tard dans le traité de Tordesillas, plaça stratégiquement le Brésil dans la sphère portugaise, une région directement accessible par le courant équatorial nord en provenance d’Afrique de l’Ouest.
Autres preuves. Lors de son troisième voyage en 1498, Colomb lui-même rencontra des preuves plus directes du contact africain le long de la côte sud-américaine. Ses hommes découvrirent des « mouchoirs de coton très symétriquement tissés et travaillés en couleurs semblables à ceux apportés de Guinée, des rivières de Sierra Leone, sans différence ». Ces textiles ressemblaient aux coiffes et pagnes ouest-africains, corroborant ainsi les récits d’une présence et d’un commerce africains antérieurs.
2. Des découvertes archéologiques révèlent une présence africaine ancienne
L’élément négroïde est bien prouvé par les grands monuments en pierre olmèques ainsi que par les objets en terre cuite et ne peut donc être exclu de l’histoire précolombienne des Amériques.
Les têtes colossales olmèques. Les fouilles archéologiques au Mexique ont mis au jour d’immenses têtes de pierre, notamment dans le cœur olmèque (La Venta, San Lorenzo, Tres Zapotes), datant de 800 à 700 av. J.-C. Ces sculptures colossales, certaines pesant jusqu’à quarante tonnes et mesurant près de trois mètres de haut, présentent des traits indéniablement négroïdes :
- Lèvres pleines et charnues
- Nez large et généreusement modelé
- Contours faciaux distinctifs
- Casques bombés de style militaire
Preuves squelettiques répandues. Au-delà des sculptures monumentales, des études anthropologiques ont identifié des restes squelettiques négroïdes dans divers sites précolombiens des Amériques. Ces découvertes remettent en cause la croyance longtemps admise d’une complète isolation de l’Amérique avant 1492 :
- Darién (Panama, 1513) : l’explorateur espagnol Balboa rencontra des captifs de guerre africains parmi les tribus indigènes.
- Carthagène (Colombie) : le frère Gregoria Garcia rapporta des rencontres espagnoles avec des « esclaves du seigneur — des noirs ».
- Îles Vierges américaines (datées de 1250 ap. J.-C.) : deux squelettes masculins négroïdes présentant des mutilations dentaires caractéristiques des cultures africaines anciennes.
- Rivière Pecos (Texas/Nouveau-Mexique) : crânes ressemblant à ceux de groupes négroïdes originaires de régions d’Afrique où l’on observe une infusion notable de sang hamitique.
Réalisme artistique. Le réalisme et les particularités raciales individuelles de ces sculptures et figures en terre cuite, couvrant diverses périodes précolombiennes, suggèrent fortement que les artistes avaient un contact visuel direct avec des individus africains. Cette preuve artistique, conjuguée aux nombreuses découvertes squelettiques, offre une démonstration convaincante d’une présence africaine dans l’Amérique ancienne, appelant à une réévaluation de l’histoire précolombienne.
3. Le prince navigateur du Mali lança des expéditions transatlantiques
Sultan, nous avons navigué longtemps jusqu’à ce que nous arrivions à ce qui semblait être une rivière avec un fort courant en pleine mer. Mon navire était le dernier. Les autres ont continué, mais en arrivant à cet endroit, ils ont été emportés en mer et ont disparu.
L’ambition d’Abubakari II. En 1310 ap. J.-C., Abubakari II, empereur du vaste et riche empire du Mali en Afrique de l’Ouest, nourrissait une ambition profonde d’explorer la « mer verte des ténèbres » (l’océan Atlantique). Lassé des conquêtes et pèlerinages traditionnels, il souhaitait découvrir ce qui se trouvait au-delà des limites occidentales de son empire, inspiré par des savants qui théorisaient sur un monde en forme de calebasse.
Première expédition. Abubakari II fit construire 200 bateaux maîtres et 200 bateaux de ravitaillement, approvisionnés pour deux ans. Il ordonna à ses capitaines de ne pas revenir avant d’avoir atteint la fin de l’océan ou épuisé leurs provisions. Un seul capitaine revint, rapportant un « fort courant en pleine mer » qui avait entraîné les autres navires vers l’inconnu.
Seconde expédition. Inébranlable, Abubakari II se montra encore plus déterminé. Il abdiqua en 1311, nommant son frère Kankan Musa régent, et mena personnellement une seconde expédition, encore plus importante. Vêtu de robes blanches et d’un turban orné de bijoux, il quitta la côte sénégambienne pour l’Atlantique, sans jamais revenir. Ce récit historique, conservé dans des documents arabes et les traditions orales du Mali, constitue un témoignage documenté d’un voyage transatlantique à grande échelle et intentionnel en provenance d’Afrique.
4. Le savoir-faire maritime africain permit des traversées précolombiennes
Une fois à l’ouest de l’Afrique, les alternatives intéressantes doivent être notées ; plus votre navire est bon, plus vous traverserez facilement vers l’Amérique volontairement, plus il est mauvais, plus vous traverserez facilement par erreur.
Embarcations africaines avancées. Contrairement aux idées reçues européennes, les Africains de l’Ouest possédaient des connaissances sophistiquées en construction navale et en navigation bien avant Colomb. Les récits des explorateurs portugais comme Cadamosto (1455) décrivent de grands pirogues rapides (zopoli) sur le fleuve Gambie, capables de transporter 25 à 30 hommes. D’autres recherches révèlent :
- Les Bozo construisaient d’énormes bateaux de ravitaillement (jusqu’à 12 tonnes) sur le Niger.
- Les Somono disposaient de vastes flottes de pêche.
- Les empires médiévaux du Mali et du Songhay maintenaient des marines fluviales.
Routes océaniques réalisables. L’océan Atlantique, loin d’être une barrière infranchissable, présente des courants puissants agissant comme des « tapis roulants marins » d’Afrique vers l’Amérique.
- Courant des Canaries : descend le long de l’Afrique, puis tourne à l’ouest sous forme du courant équatorial nord, frappant la côte américaine des Guyanes aux Antilles.
- Courant équatorial sud : également vers l’ouest, menant directement à l’Amérique du Sud.
- Dérives accidentelles : de nombreuses traversées modernes par de petites embarcations « primitives » (radeaux, pirogues, doris) démontrent la faisabilité de dérives accidentelles, même avec peu de provisions, grâce à ces courants et à la disponibilité de fruits de mer et d’eau de pluie.
Expertise en navigation. Les Africains de l’Ouest, notamment les Mandingues, étaient des navigateurs habiles. Ils utilisaient des calculs astronomiques et des instruments comme la boussole pour traverser le désert, qualifiant le Sahara de « mer de sable ». Il est fort probable qu’ils appliquaient des connaissances similaires aux voyages océaniques, en particulier pour des expéditions planifiées comme celle d’Abubakari II, qui auraient été équipées de tels outils.
5. La culture égypto-nubienne laissa des traces indélébiles en Amérique ancienne
Existe-t-il un autre endroit sur terre aussi complètement enveloppé d’obscurité, aussi muet face à toutes nos questions ?... Comment expliquer que plusieurs figures d’urnes semblent représenter un sphinx égyptien, une autre le dieu à tête d’oiseau, Râ, et que les reliefs de la « Galerie des danseurs » soient en partie de style assyrien, en partie la représentation de types négroïdes ? Comment ? Pourquoi ? D’où ?
Racines africaines de la civilisation égyptienne. L’Égypte ancienne, souvent perçue isolément, fut profondément influencée par l’Afrique noire. Les découvertes archéologiques dans le Sahara et le Soudan indiquent que de nombreux éléments culturels égyptiens proviennent du sud et de l’ouest du Nil :
- Momification : la plus ancienne momie connue (un enfant négroïde) a été trouvée au Fezzan (3500 av. J.-C.), antérieure aux momies égyptiennes.
- Royauté divine : invention africaine, radicalement différente des formes asiatiques.
- Art et divinités : prototypes de divinités à tête d’oiseau/animal et costumes cérémoniels issus de l’art rupestre saharien.
- Agriculture : le complexe soudanien (Afrique de l’Ouest) domestiqua coton, calebasse, pastèque, tamarin dès 4500 av. J.-C., influençant l’Égypte.
Ascendance nubienne et renouveau culturel. La 25e dynastie (800-654 av. J.-C.) vit des rois noirs nubiens du Kush réunifier et gouverner l’Égypte, inaugurant une renaissance. Ces « pharaons noirs » restaurèrent les traditions classiques égyptiennes, notamment :
- Construction de pyramides tronquées à degrés
- Momification royale
- Colonnes hypostyles dans les temples
- Inceste royal pour préserver le « sang solaire »
Complexe culturel transatlantique. La présence d’un ensemble de traits culturels égypto-nubiens en Mésoamérique, notamment dans le cœur olmèque (800-700 av. J.-C.), suggère un transfert transatlantique à cette époque. Cela inclut :
- Première pyramide à degrés américaine à La Venta, orientée soleil-étoile comme les prototypes égyptiens.
- Techniques de momification au Pérou (évacuation des viscères, bandages, substances antiseptiques) identiques à l’Égypte.
- Sarcophages de style égyptien à base évasée à Palenque.
- Schémas de couleurs cardinales pour les jarres funéraires (jarres Horus) correspondant à ceux du Mexique ancien.
- Trepanations (chirurgie crânienne) en Égypte, au Mexique et au Pérou.
- Déformations crâniennes délibérées dans les classes supérieures égyptiennes et américaines.
- Maçonnerie mégalithique ajustée (Égypte, Pérou).
- Conformité remarquable entre calendriers égyptien et mexicain (début 26 février, 12 mois, 5 jours « inutiles », symboles communs).
- Paraphernalia royale : ombrelle cérémonielle et litière.
- Usage rituel de la teinture pourpre extraite du murex.
6. Les marchands mandingues forgèrent des liens culturels et linguistiques au Mexique
Nous observons la fusion de deux forces, la tradition et la nouveauté, pour produire l’empire aztèque... Cette fusion fut accélérée par l’arrivée d’une série d’immigrants cultivés qui apportèrent avec eux un savoir ancien. Les plus intéressants sont ceux que les chroniques nomment Ceux Qui Sont Revenus.
Arrivée des « Ceux Qui Sont Revenus ». Les chroniques médiévales mexicaines évoquent des « immigrants cultivés » ou « Ceux Qui Sont Revenus » venus du sud et du sud-est, apportant un « savoir ancien » et de nouvelles marchandises. Ces commerçants à la peau noire, identifiés comme Mandingues d’Afrique de l’Ouest, apparurent au Mexique au début du XVe siècle, succédant à des implantations africaines antérieures au Darién et en Amérique du Sud.
Parallèles avec le culte du loup-garou. Les Mandingues introduisirent un culte du loup-garou (nama) qui trouva des parallèles frappants dans le culte mexicain Coyotli-naual chez les amanteca (caste des commerçants et plumassiers).
- Représentation divine : dieu vêtu d’une peau de loup-garou avec masque humain.
- Objets rituels : bâtons à boutons, hochets (gourde à grelots, « maraca » en langues américaines, « mantaraka » en bambara).
- Cérémonies : festivals biannuels, autoflagellation, rituels de gouttes de sang.
- Liens linguistiques : « amanteca » dérivé du mandingue « aman-tigi » (chef de la foi), « nagual » (connaissance mystique) issu de la racine mande « na ».
Ek-chu-ah, dieu mandingue des commerçants. Le dieu maya Ek-chu-ah, divinité des marchands et voyageurs, présente des traits africains distincts :
- Apparence : peau noire, guerrier, armé d’une lance.
- Habitudes : porte la marchandise sur la tête (coutume africaine).
- Traits : souvent représenté en vieillard édenté au long nez (dérivé de l’idole à bec d’oiseau du culte nama mandingue).
- Associations : lié à la culture des abeilles, reflétant le culte nama mandingue.
Objets et noms commerciaux partagés. Les marchands mandingues introduisirent de nouveaux produits et termes linguistiques sur les marchés mexicains :
- Textiles : manteaux (chimalli) et pagnes (maxtli) aux noms d’origine arabe/mandingue.
- Insignes royaux : motif triple croissant, semblable au n'tenne mandingue.
- Chapeaux coniques : « copilli » (mexicain) issu de l’arabe/mandingue « ko-fil-a », souvent décorés d’étoiles comme les coiffes de magiciens africains.
- Noms de marchés : « Tian-quiz-co » (mexicain) dérivé du mandingue « tan-goz-mão ».
- Peaux de lion : présentes sur les marchés mexicains, bien que les lions ne soient pas natifs des Amériques à l’époque historique, suggérant une origine africaine.
7. Les preuves botaniques confirment des transferts végétaux précolombiens
L’adoption d’une nouvelle plante n’est pas une affaire simple. Elle requiert l’acquisition d’un ensemble complexe de connaissances sur les besoins écologiques de la plante, et souvent aussi sur ses usages humains. La présence d’une seule plante transférée signifie qu’un contact assez efficace a été établi entre deux peuples.
Le voyage du coton africain. L’analyse génétique des cotons cultivés dans le Nouveau Monde (G. hirsutum et G. barbadense) révèle qu’ils sont des hybrides d’un diploïde de l’Ancien Monde (G. herbaceum, espèce africaine) et d’un type sauvage du Nouveau Monde. Les expériences du botaniste S.G. Stephens ont démontré que les graines de coton ne peuvent survivre à une dérive océanique transatlantique, ce qui implique fortement un transport humain d’Afrique vers l’Amérique il y a des millénaires. Inversement, le coton du Nouveau Monde (G. hirsutum var. punctatum) fut retrouvé aux îles du Cap-Vert dès 1466, indiquant que des voyages africains l’avaient rapporté des Amériques avant Colomb.
Bananes et ignames précolombiens. Des feuilles de bananier et des fruits sans pépins (Musa paradisiaca) ont été exhumés dans des paquets funéraires précolombiens péruviens. Bien que les bananes soient originaires d’Asie, elles étaient cultivées en Afrique de l’Ouest dès le XIIIe siècle. La présence d’une petite variété blanche de banane en Haïti et au Pérou, identique aux types ouest-africains, suggère une introduction par des explorateurs africains. De même, l’igname ouest-africain (Dioscorea cayennensis) a été identifié dans des strates précolombiennes américaines, les premiers chroniqueurs espagnols notant son introduction par des « noirs ».
**Le maïs dans l’
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