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Translating as a Purposeful Activity

Translating as a Purposeful Activity

Functionalist Approaches Explained
par Christiane Nord 1997 160 pages
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Points clés

1. La traduction, une action humaine délibérée

Traduire en tant qu’activité délibérée… n’est-ce pas une évidence ? Toutes les activités humaines ne visent-elles pas un but quelconque ?

Définir la traduction. Fondamentalement, la traduction ne se réduit pas à un simple transfert linguistique, mais constitue une activité humaine complexe, une interaction intentionnelle visant un objectif précis. Ce postulat de base distingue les approches fonctionnalistes des théories traditionnelles purement linguistiques, souvent centrées sur l’équivalence mot à mot ou phrase à phrase. En considérant la traduction sous l’angle de la théorie de l’action, on la perçoit comme un acte délibéré accompli par des agents dans une situation donnée.

Nature interactionnelle. La communication, et donc la traduction, est par essence interpersonnelle. Elle implique un émetteur, un récepteur, et souvent un intermédiaire (le traducteur) qui comble les écarts linguistiques et culturels. Cette interaction est toujours située dans le temps et l’espace, influencée par des dimensions historiques et culturelles qui façonnent les comportements, connaissances et attentes des participants. Le rôle du traducteur est de faciliter la communication lorsque ces contextes situationnels et culturels diffèrent sensiblement.

Au-delà des mots. La nature intentionnelle de la traduction signifie que les choix du traducteur sont guidés par le résultat souhaité dans la culture cible, et non uniquement par les caractéristiques linguistiques du texte source. Cette perspective élargit la notion même de « traduction », englobant diverses formes de médiation interculturelle dont le but ultime est une communication efficace pour un public et un objectif spécifiques.

2. La règle du Skopos : le but dicte la stratégie de traduction

Chaque texte est produit pour un but donné et doit servir ce but. La règle du Skopos se lit donc ainsi : traduisez/interprétez/parlez/écrivez de manière à ce que votre texte/traduction fonctionne dans la situation où il est utilisé, avec les personnes qui veulent l’utiliser, et précisément de la façon dont elles souhaitent qu’il fonctionne.

Axiome central. La « règle du Skopos » est le principe fondamental du fonctionnalisme en traduction, affirmant que toute action traductive est déterminée par son but (Skopos). Cela signifie que la finalité de la traduction conditionne les moyens et stratégies employés. Le Skopos est défini principalement par les besoins et attentes du public cible ainsi que par le contexte spécifique d’utilisation du texte traduit.

Souplesse d’approche. Cette règle libère le traducteur d’une adhésion rigide à la forme du texte source, autorisant un éventail d’approches allant du très littéral à l’adapté, selon ce qui sert le mieux le but visé. Par exemple, un document juridique exigeant une reproduction précise des termes pour des comparaisons nécessitera une stratégie différente d’une brochure marketing destinée à persuader un nouveau public culturel. Le Skopos n’est pas une injonction universelle à l’adaptation, mais un appel à une prise de décision consciente et cohérente.

Le cahier des charges. Le Skopos est généralement défini dans un « cahier des charges » (Übersetzungsauftrag), qui précise la fonction, le public, le support, le temps, le lieu et la motivation du texte cible. Même en l’absence d’un cahier explicite, un traducteur expérimenté déduit le Skopos de la situation, opérant des choix éclairés pour garantir que la traduction fonctionne efficacement auprès de ses utilisateurs.

3. Au-delà de l’équivalence : l’adéquation au but cible

Pour Reiss, le concept générique est l’adéquation, non l’équivalence. L’équivalence peut être un objectif possible lors de la traduction, mais elle n’est pas considérée comme un principe de traduction valable une fois pour toutes.

Changement de paradigme. Le fonctionnalisme remet fondamentalement en cause la notion traditionnelle d’« équivalence » comme unique ou principal critère de qualité traductive. Si l’équivalence implique une « valeur communicative égale » entre texte source et texte cible, le fonctionnalisme introduit l’« adéquation » (Adäquatheit) comme critère global. L’adéquation désigne la pertinence du texte traduit à remplir la fonction communicative définie dans le cahier des charges.

Dynamique vs statique. L’équivalence est souvent un concept statique, axé sur le résultat, visant à préserver les caractéristiques du texte source. L’adéquation, en revanche, est dynamique et processuelle, mettant l’accent sur l’aptitude du texte cible à sa fonction dans la culture cible. Ainsi, une traduction peut être « adéquate » même si elle s’écarte notablement de la forme ou du contenu du texte source, pourvu qu’elle atteigne son but spécifié.

Règles de cohérence. Le fonctionnalisme introduit deux règles clés de cohérence :

  • Cohérence intratextuelle : le texte cible doit être interne­ment cohérent et compréhensible pour ses destinataires, ayant du sens dans leur contexte culturel et situationnel.
  • Cohérence intertextuelle (fidélité) : le texte cible doit entretenir une relation avec le texte source, mais la forme de cette fidélité est déterminée par le Skopos. Si le Skopos exige un changement de fonction, l’adéquation au but prime sur la stricte cohérence intertextuelle.

4. Le traducteur, expert en action interculturelle

Les traducteurs permettent la communication entre membres de communautés culturelles différentes. Ils comblent le fossé entre situations où les différences de comportements verbaux et non verbaux, d’attentes, de connaissances et de perspectives sont telles qu’il n’y a pas assez de terrain commun pour que l’émetteur et le récepteur communiquent efficacement par eux-mêmes.

Rôle élargi. Le fonctionnalisme redéfinit le rôle du traducteur, qui n’est plus un simple canal linguistique, mais un « expert en communication interculturelle ». Ce rôle élargi, particulièrement souligné par la « théorie de l’action traductive » de Justa Holz-Mänttäri, reconnaît que le traducteur fait bien plus que convertir des mots : il médie des interactions communicatives entières à travers des barrières culturelles et linguistiques.

Responsabilités clés. L’expertise du traducteur comprend :

  • Analyser le cahier des charges : évaluer la faisabilité et la pertinence de la demande du client.
  • Planifier stratégiquement : déterminer les activités et stratégies optimales pour atteindre le but souhaité.
  • Produire des vecteurs de message : élaborer des textes cibles (ou autres formes de communication) fonctionnels et adaptés à la culture cible.
  • Conseiller les clients : proposer des solutions alternatives, voire déconseiller la traduction si elle ne sert pas le but visé.

Au-delà du texte. L’action traductive peut englober un large éventail d’activités, de la traduction textuelle traditionnelle au conseil interculturel ou à la rédaction technique, même sans texte source direct. Cette vision holistique élève le statut professionnel du traducteur, le positionnant comme un partenaire responsable et compétent dans la communication mondiale.

5. L’analyse fonctionnelle du texte guide les décisions traductives

Mon modèle inclut l’analyse des aspects extratextuels et intratextuels de l’action communicative ; il vise à identifier les éléments pertinents pour la fonction tant dans le texte source existant que dans le texte cible envisagé, tels que définis par le cahier des charges.

Approche systématique. Le fonctionnalisme offre un cadre systématique pour analyser à la fois le texte source et le cahier des charges, afin d’anticiper les « problèmes de traduction ». Cette démarche « descendante » privilégie les considérations pragmatiques et culturelles sur les seules questions linguistiques, garantissant que les choix s’alignent sur la finalité globale de la traduction.

Étapes analytiques clés :

  • Facteurs extratextuels : analyser l’émetteur, le récepteur, le support, le temps, le lieu et la motivation des situations de communication source et cible.
  • Facteurs intratextuels : examiner le contenu, la structure, le style et le lexique du texte source à la lumière de sa fonction initiale.
  • Comparaison : confronter le profil du texte source au profil souhaité du texte cible (issu du cahier des charges) pour identifier les adaptations nécessaires ou les transferts invariants.

Hiérarchie des problèmes. Les problèmes de traduction sont classés en pragmatiques, culturels, linguistiques ou spécifiques, et traités selon un ordre hiérarchique, en commençant par les enjeux pragmatiques. Cela garantit que les objectifs communicatifs fondamentaux sont atteints avant d’affiner les détails linguistiques. Cette méthode systématique permet au traducteur de justifier rationnellement ses choix, renforçant sa confiance et la validité intersubjective de ses décisions.

6. Documentaire vs Instrumental : deux types fondamentaux de traduction

Le premier vise à produire dans la langue cible une sorte de document d’une interaction communicative (certains aspects) dans laquelle un émetteur de la culture source communique avec un public de la culture source via le texte source dans des conditions culturelles source. Le second vise à produire dans la langue cible un instrument pour une nouvelle interaction communicative entre l’émetteur de la culture source et un public de la culture cible, en utilisant (certains aspects) du texte source comme modèle.

Typologie fonctionnelle. Une contribution majeure du fonctionnalisme est la distinction entre traduction « documentaire » et traduction « instrumentale », fondée sur la fonction même du processus traductif. Cette typologie clarifie la relation entre traduction, texte source et public cible, dépassant la simple dichotomie « fidèle vs libre ».

Traduction documentaire. Ce type produit un texte cible servant de document sur une interaction communicative de la culture source. La fonction principale du texte cible est métatextuelle, informant le lecteur sur des aspects de l’original. Sous-types :

  • Mot à mot/interlinéaire : focalisé sur les traits morpho-syntaxiques.
  • Littérale/grammaticale : reproduction des mots avec adaptation syntaxique/idiomatique.
  • Philologique/savante : littérale avec explications culturelles (notes).
  • Exotisante : préserve le cadre culturel source, créant une distance culturelle.

Traduction instrumentale. Ce type crée un texte cible fonctionnant comme un instrument autonome pour une nouvelle interaction communicative dans la culture cible. Le texte cible vise à remplir la même gamme de fonctions qu’un texte original. Sous-types :

  • Équifonctionnelle : même fonction que la source (ex. manuels techniques).
  • Hétérofonctionnelle : fonction différente de la source (ex. adaptation d’un roman classique pour enfants).
  • Homologue : même statut littéraire/poétique dans le corpus cible (ex. traduction poétique visant un effet esthétique analogue).

7. La spécificité culturelle façonne communication et traduction

La culture est ce qu’il faut savoir, maîtriser ou ressentir pour juger si une forme de comportement manifestée par les membres d’une communauté dans leurs divers rôles est conforme aux attentes générales, et pour se comporter dans cette communauté conformément à ces attentes, à moins d’être prêt à en assumer les conséquences.

Ancrage culturel. La langue fait partie intégrante de la culture, et toute communication est conditionnée par des normes et conventions spécifiques à une culture. Le fonctionnalisme insiste sur le fait que la traduction est une « action interculturelle » nécessitant que le traducteur navigue entre différences de « linguaculture » – cette imbrication de langue et culture. Il s’agit de comprendre non seulement les mots, mais tout un système de valeurs, comportements et attentes.

Culturemes et points riches. Les différences culturelles se manifestent sous forme de « culturemes » – phénomènes sociaux propres à une culture par rapport à une autre – et de « points riches » – différences comportementales provoquant des ruptures de communication. Le traducteur doit être particulièrement attentif à ces points pour garantir que le texte cible soit compréhensible et acceptable pour son public. Cela implique souvent de comparer les phénomènes culturels en termes de forme, fréquence et distribution.

Conventions en traduction. Au-delà des conventions de genre et de style, le fonctionnalisme prend en compte les conventions de comportement non verbal et même les « conventions de traduction » (constitutives et régulatrices). Ces conventions dictent comment certaines fonctions communicatives sont exprimées et comment les traductions sont traditionnellement traitées dans une culture donnée. Le traducteur fonctionnel décide de reproduire ou d’adapter ces conventions selon le Skopos, toujours conscient du risque de mésinterprétation.

8. Le fonctionnalisme s’applique aussi à la traduction littéraire

Les traits qui distinguent cette interaction communicative de la communication non littéraire sont marqués « lit » dans le schéma : l’intention littéraire spécifique de l’émetteur et l’attente littéraire spécifique du récepteur. Les deux sont liés à la culture.

Remise en question des idées reçues. Une critique fréquente est que le fonctionnalisme ne convient pas à la traduction littéraire, souvent perçue comme dotée d’une valeur universelle intrinsèque à préserver par une stricte équivalence. Le fonctionnalisme répond que la « littérarité » est elle-même une qualité pragmatique, liée à la culture, attribuée par les lecteurs selon leurs attentes et les signaux du texte.

La communication littéraire comme action. La traduction littéraire, comme toute autre, est une action intentionnelle. La tâche du traducteur est d’interpréter l’intention de l’auteur source et la fonction du texte dans son contexte culturel d’origine, puis de produire un texte cible remplissant une fonction compatible pour le public cible. Cela peut impliquer :

  • Adapter la distance culturelle : décider d’exotiser le monde du texte ou de le rendre plus familier.
  • Gérer les effets stylistiques : choisir des procédés stylistiques en langue cible produisant un effet analogue, plutôt que de reproduire mécaniquement les formes du texte source.
  • Traiter la polysémie : naviguer dans l’ambiguïté inhérente aux textes littéraires pour créer une interprétation cohérente pour le lecteur cible.

Au-delà de la fidélité stricte. Le fonctionnalisme suggère qu’une « fidélité » rigide peut parfois trahir l’esprit ou l’effet voulu de l’original dans un nouveau contexte culturel. Une approche orientée vers le but autorise des solutions créatives assurant que l’œuvre littéraire résonne auprès de son nouveau lectorat, même si cela implique d’adapter des éléments comme les noms de personnages ou les types de textes intégrés.

9. L’interprétation, une forme d’action traductive intentionnelle

Vermeer ([1978]1983:48) affirme que puisque la Skopostheorie est une théorie générale de la traduction, elle s’applique aussi bien à la traduction écrite qu’à l’interprétation.

Théorie unifiée. Le fonctionnalisme considère l’interprétation et la traduction écrite comme deux variantes d’une même interaction communicative interculturelle, toutes deux régies par la règle du Skopos. Si l’interprétation présente des contraintes spécifiques – comme l’éphémérité du texte source et la production en temps réel du texte cible – ses principes fondamentaux s’alignent sur ceux du fonctionnalisme.

Points communs essentiels :

  • But communicatif : les deux visent un objectif communicatif précis.
  • Transfert d’information : les deux produisent une offre d’information en culture cible à partir d’une offre en culture source.
  • Cohérence : les deux requièrent cohérence intratextuelle (compréhensibilité pour le public cible) et cohérence intertextuelle (fidélité au texte source, selon le Skopos).

Spécificités de l’interprétation. Les travaux de Franz Pöchhacker intègrent l’interprétation simultanée dans la Skopostheorie en situant son Skopos au niveau de « l’hypertexte de conférence », où le but global de l’événement guide l’action de l’interprète. Il met en avant le concept de « diaculture » – une culture professionnelle ou experte partagée au-delà des frontières nationales, influençant les normes de communication dans les contextes internationaux. Cette approche offre un cadre solide pour évaluer la performance des interprètes et concevoir des formations adaptées.

10. La loyauté : la dimension éthique de la traduction fonctionnelle

Appelons « loyauté » cette responsabilité que les traducteurs ont envers leurs partenaires dans l’interaction traductive. La loyauté engage le traducteur bilatéralement envers les deux parties, source et cible.

Au-delà du « but justifie les moyens ». Si la règle du Skopos met l’accent sur le but, Christiane Nord a introduit la « loyauté » comme principe éthique essentiel pour éviter que le fonctionnalisme ne soit perçu comme un prétexte à l’adaptation arbitraire. La loyauté est une catégorie interpersonnelle, définissant la responsabilité bilatérale du traducteur envers toutes les parties impliquées : l’auteur du texte source, les destinataires du texte cible, et l’initiateur.

Médiation des intérêts. La loyauté impose au traducteur de :

  • Respecter l’intention de l’auteur : veiller à ce que le but du texte cible soit compatible avec les intentions de l’auteur, dans la mesure où elles peuvent être déduites.
  • Répondre aux attentes des lecteurs : prendre en compte les conceptions spécifiques de la culture cible sur ce qu’est une traduction, sans tromper les lecteurs sur la nature du texte traduit.
  • Négocier avec les clients : arbitrer les conflits d’intérêts entre auteur, lecteurs et initiateur, en défendant des solutions conformes à l’éthique.

Position anti-universaliste. La loyauté transforme le fonctionnalisme en un modèle anti-universaliste, reconnaissant que les concepts de traduction varient selon les cultures et les époques. Elle garantit que les décisions fonctionnelles ne sont pas prises dans le vide, mais s’appuient sur des considérations éthiques et le respect de tous les partenaires communicatifs, favorisant la confiance et renforçant la stature professionnelle du traducteur.

11. Évolution, critiques et rayonnement mondial du fonctionnalisme

Le fonctionnalisme est largement perçu comme relevant du bon sens. On pourrait donc supposer qu’une fois « découvert » (non pas comme une nouveauté, mais comme quelque chose qui avait toujours été là sans que personne ne le remarque vraiment), il se répandrait comme une traînée de poudre dans le monde des études sur la traduction.

Réception initiale et critiques. Malgré son apparente évidence, le fonctionnalisme a d’abord rencontré résistance et malentendus, notamment dans le monde anglophone. Ses détracteurs ont remis en question son originalité, son applicabilité aux textes littéraires, ses implications jugées « mercantiles » et son défi à l’autorité du texte source. Ces critiques découlaient souvent d’une définition plus étroite, fondée sur l’équivalence.

Diffusion mondiale et impact académique. Malgré ces obstacles initiaux, le fonctionnalisme a connu un « essor » au nouveau millénaire, s’étendant bien au-delà de ses origines allemandes. Des textes clés ont été traduits en de nombreuses langues, suscitant une recherche abondante dans divers domaines :

  • Formation des traducteurs : élaboration de cursus et méthodologies basés sur les principes fonctionnalistes.
  • Applications spécifiques : mise en œuvre dans la traduction juridique, littéraire, religieuse et technique.
  • Études empiriques : investigation des attentes du public et des processus traductifs via des protocoles de pensée à voix haute.
  • Liens interdisciplinaires : rapprochements avec les études d’adaptation et de transfert, reconnaissant des principes communs de communication intentionnelle à travers les contextes.

Autonomisation des traducteurs. Le fonctionnalisme a donné aux traducteurs un cadre théorique solide pour justifier leurs choix, négocier avec les clients et affirmer leur rôle d’experts indispensables en communication interculturelle. Son insistance sur le contexte, le but et la responsabilité éthique continue de façonner les études et la pratique de la traduction à l’échelle mondiale, favorisant l’accessibilité et la communication démocratique, comme en témoigne l’exemple de l’Afrique du Sud post-apartheid.

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