Démarrer l'essai gratuit
Searching...
SoBrief
Français
EnglishEnglish
EspañolSpanish
简体中文Chinese
繁體中文Chinese (Traditional)
FrançaisFrench
DeutschGerman
日本語Japanese
PortuguêsPortuguese
ItalianoItalian
한국어Korean
РусскийRussian
NederlandsDutch
العربيةArabic
PolskiPolish
हिन्दीHindi
Tiếng ViệtVietnamese
SvenskaSwedish
ΕλληνικάGreek
TürkçeTurkish
ไทยThai
ČeštinaCzech
RomânăRomanian
MagyarHungarian
УкраїнськаUkrainian
Bahasa IndonesiaIndonesian
DanskDanish
SuomiFinnish
БългарскиBulgarian
עבריתHebrew
NorskNorwegian
HrvatskiCroatian
CatalàCatalan
SlovenčinaSlovak
LietuviųLithuanian
SlovenščinaSlovenian
СрпскиSerbian
EestiEstonian
LatviešuLatvian
فارسیPersian
മലയാളംMalayalam
தமிழ்Tamil
اردوUrdu
Dream Lovers

Dream Lovers

The Gamification of Relationships
par Alfie Bown 2022 160 pages
3.62
42 évaluations
Écouter
Essayez l'accès complet pendant 3 jours
Débloquez l'écoute et bien plus !
Continuer

Points clés

1. Les technologies numériques transforment le désir et l’amour

Cet ouvrage soutient que nous sommes aujourd’hui au cœur d’une incarnation numérique de ce que Jean-François Lyotard appelait autrefois une « désirévolution », un changement fondamental et politique dans notre manière de désirer en tant que sujets humains.

Une ère nouvelle. Nos vies intimes, qu’il s’agisse de l’amour, des relations, de l’amitié ou de la sexualité, connaissent une transformation profonde portée par les technologies numériques. Il ne s’agit pas simplement de nouveaux outils pour d’anciens désirs, mais d’un bouleversement fondamental de la façon dont nous désirons, une « désirévolution » qui redessine notre économie libidinale. Des technologies telles que les applications de rencontres, les robots sexuels ou les simulateurs en réalité virtuelle ne se contentent pas de médiatiser des désirs existants : elles fabriquent activement l’avenir de la vie sociale, du sexe et même de l’amour lui-même.

Devenir robotique. À mesure que nous interagissons davantage avec nos smartphones, des préservatifs connectés, des robots sexuels et la réalité virtuelle, nos désirs deviennent plus prévisibles, presque mécaniques. Ce phénomène ne se limite pas à des sous-cultures de niche : désirer et devenir robot sont désormais au cœur de la vie sociale. L’intégration de nos pulsions les plus profondes dans le capitalisme numérique signifie que notre capacité même à rêver est canalisée dans des sillons conçus pour le profit, du porno aux Pokémon.

Enjeux politiques. Cette désirévolution est profondément politique et économique, dominée par des logiques capitalistes, hétéronormatives et masculines. Le livre cherche à identifier ces tendances normatives pour les critiquer et les inverser, ouvrant ainsi la voie à des alternatives radicales. Il faut reconnaître que les désirs ont toujours été façonnés par des institutions et des technologies, mais le capitalisme des plateformes d’aujourd’hui crée une inégalité sans précédent dans le contrôle de ces forces formatrices.

2. Le capitalisme des plateformes fabrique activement nos désirs pour le profit

Le capitalisme ne se contente pas de nous empêcher d’obtenir ou d’être ce que nous voulons. Il crée aussi le désir de ce que nous voulons et de ce que nous souhaitons être, avant même de médiatiser, limiter et contrôler ces désirs.

Des désirs fabriqués. Le capitalisme des plateformes, modèle économique dominant de notre ère numérique, ne se contente pas de satisfaire des désirs préexistants : il les crée et les façonne activement. Il nous offre l’illusion d’un choix libre, nous faisant croire que nos désirs organisés et médiatisés sont spontanés et nous appartiennent. Ce système prospère grâce à une boucle continue de désir et d’insatisfaction, nous poussant sans cesse à rechercher de nouvelles marchandises et expériences.

La marchandise centrale. L’amour, en particulier, est positionné comme la « marchandise centrale » du capitalisme. Les services de rencontres, par exemple, vendent l’illusion d’une satisfaction complète, une solution durable au problème du désir pour un objet d’amour. Cela fait de l’amour un mécanisme clé du contrôle capitaliste, le transformant d’une force perturbatrice en une structure stable et prévisible au service des intérêts économiques.

Reprendre le contrôle. Pour contrer cela, il est nécessaire de comprendre comment nos désirs sont « ludifiés » pour servir des agendas corporatifs et politiques. Cela exige une réforme économique et technologique, nous permettant de « saisir les moyens de production du désir » pour nous-mêmes. En rendant visibles les schémas politiques inscrits dans nos technologies émergentes, nous pouvons commencer à les transformer et à réorienter la technologie vers des fins progressistes.

3. La « ville intelligente » est une arène ludifiée de contrôle libidinal

Utilisées dans les dernières applications prédictives, nos empreintes numériques ne se contentent pas de révéler nos désirs : elles participent à leur construction même.

Un contrôle prédictif. La « ville intelligente » émerge comme un lieu clé de gestion du désir, où des technologies telles que les voitures-drones pilotées par IA et les analyses prédictives de réseaux visent à automatiser et fluidifier la vie urbaine. Ces systèmes ne se contentent pas de prédire ce que nous voulons ; ils modifient progressivement nos impulsions pour les adapter aux agendas des entreprises et de l’État. Nos traces numériques deviennent des plans pour construire nos désirs futurs, au-delà de la simple réflexion de ceux présents.

Réguler déplacements et désirs. Des applications utilisant les API de Google Maps, comme Uber, Grindr ou Pokémon GO, jouent un rôle crucial dans ce processus. Elles régulent nos trajets, cartographient la ville et transforment ce que nous désirons. Les joueurs de Pokémon GO, par exemple, furent parmi les premiers « cyborgs », suivant des instructions libidinales, démontrant comment ces applications peuvent rassembler des foules dans des lieux désirés ou les en éloigner.

L’arcade globale. La ville numérique fonctionne comme une « arcade globale du désir », à l’image des passages parisiens décrits par Walter Benjamin. Ces espaces immersifs, désormais médiatisés par nos écrans, sont conçus pour satisfaire les pulsions tout en perpétuant un cycle de désir et de déception. Cette boucle continue de « hainamoration » alimente le capitalisme de consommation contemporain, nous maintenant perpétuellement engagés dans des interactions génératrices de profit.

4. Les algorithmes de données construisent nos identités et relations, au-delà de les refléter

Les données prétendent nous montrer ce qui est typique, mais elles construisent aussi le typique et le rendent visible en un éclair de compréhension, comme si ce qui est perçu attendait patiemment notre « visualisation » pour se révéler.

Le mythe de la neutralité. Les données sont souvent présentées comme un reflet neutre de la réalité, mais elles construisent activement ce qui est considéré comme « typique » ou « normal ». Les algorithmes de rencontres, par exemple, ne se contentent pas de révéler des biais sociaux existants ; ils prolifèrent et réécrivent des tendances sectaires en associant les utilisateurs selon leur similarité. Ce processus établit et étend des normes, leur donnant l’apparence d’avoir « toujours déjà existé ».

Une politique identitaire imposée. Internet, jadis envisagé comme un espace d’expérimentation identitaire, a été remodelé par des plateformes comme Facebook pour imposer un modèle d’« identité unique ». Cette « datafication des objets » impose structurellement une politique identitaire, transformant les individus en flux de données cohérents pour une curation personnalisée et une publicité ciblée. Des systèmes comme le score Zhima en Chine formalisent cela, classant les utilisateurs selon leur comportement, leurs préférences et même les caractéristiques en ligne de leurs amis.

Le splinternet libidinal. Cela conduit à un « splinternet libidinal », où l’espace numérique est organisé en blocs distincts, ou « bulles de filtres », fondés sur la classe, la race et d’autres catégories identitaires. Les utilisateurs circulent dans ces micro-économies du désir, générant du profit pour les entreprises tout en empêchant le développement d’une solidarité et d’une résistance de masse à travers des groupes divers.

5. Simulations et réalités virtuelles redéfinissent l’artificialité du désir sexuel

Ce qui rend les sexbots à la fois problématiques et fascinants, c’est qu’ils exposent précisément le caractère artificiel de la relation sexuelle.

La ludification de l’intimité. Les simulateurs de rencontres, les chatbots IA comme Replika et les robots sexuels brouillent les frontières entre jeu et réalité, posant les bases des relations futures. Ces technologies ludifient les interactions, transformant les relations humaines ainsi que les supports qui les médiatisent. Le plaisir provient souvent de l’interaction avec l’interface elle-même, plus que du lien avec un autre être humain.

Le porno VR et l’homosocialité. La pornographie en réalité virtuelle, industrie en plein essor, offre une expérience immersive qui peut renforcer les schémas patriarcaux et hétéronormatifs existants. Le porno en vue subjective (POV), par exemple, favorise une identification homosociale, invitant le spectateur à « devenir » un autre homme et à expérimenter une masculinité simulée. Ce renforcement structurel des dynamiques de pouvoir s’opère non seulement par le contenu, mais aussi par la forme même de la technologie, où le corps de l’utilisateur est remplacé par un corps virtuel.

Le désir comme artifice. Contrairement à la croyance commune selon laquelle le sexe et le désir seraient naturels ou instinctifs, ces simulations révèlent leur caractère fondamentalement artificiel. Les sexbots, en particulier, montrent que la fantaisie soutient souvent nos relations. Le désir, dans ce contexte, ne consiste pas tant à puiser dans des pulsions préexistantes qu’à vivre un désir « mimétique », un plaisir tiré de l’adoption d’une position subjective qui veut ces objets.

6. Les algorithmes de rencontres en ligne renforcent la stratification sociale et limitent la connexion

Le service de rencontres cherche à masquer l’imprévisibilité de l’amour en le rendant parfaitement prévisible [et] transforme l’amour d’une perturbation en une structure stable pour la vie.

Une romance prévisible. Les applications de rencontres, loin de favoriser des connexions spontanées, visent à rendre l’amour prévisible et stable, en accord avec les structures capitalistes. Elles fonctionnent selon une logique « métaphorique », associant les utilisateurs sur la base de similarités dans leurs préférences, opinions politiques et données démographiques. Cela crée des chambres d’écho où les individus sont principalement connectés à ceux qui reflètent leur profil de données existant.

Le prix de l’amour. Ce système formalise une « valeur marchande sexuelle » (VMS), où les individus sont classés et évalués selon divers critères, renforçant souvent des biais classistes, racistes et misogynes. Le score Zhima sur des applications comme Baihe illustre cela, utilisant un système de crédit social pour stratifier le désir selon des lignes économiques, faisant de l’argent ou de la valeur l’intermédiaire entre désir et satisfaction.

Briser la bulle. Cette stratification algorithmique contribue au « splinternet libidinal », empêchant la solidarité inter-classes et entre identités diverses. Pour y remédier, une nouvelle approche est nécessaire — fondée sur une logique « métonymique », basée sur l’association plutôt que la similarité. Cela permettrait aux utilisateurs d’explorer des connexions au-delà de leurs « bulles de filtres » immédiates, favorisant des rencontres inattendues et potentiellement une solidarité plus large.

7. La psychanalyse dévoile les forces politiques et économiques derrière nos désirs

La psychanalyse — lorsqu’elle est à son meilleur — est une manière de penser qui relie politique et désir, en faisant un outil vital pour la gauche si elle veut réussir la guerre pour l’avenir libidinal.

Au-delà de l’instinct. La psychanalyse offre une clé essentielle pour comprendre comment nos désirs sont façonnés par des forces extérieures, plutôt que simplement issus de l’intérieur. Elle révèle que ce que nous percevons comme des pulsions instinctives sont souvent des « pulsions » « stimulées » par des pressions sociales et économiques externes, nous donnant l’illusion d’un choix personnel. Cela démasque la manipulation psychique inhérente au capitalisme numérique.

L’illusion de la liberté. Le capitalisme excelle à nous faire ressentir nos désirs organisés et contrôlés comme libres et spontanés. La psychanalyse nous aide à percer cette illusion, montrant comment nos pulsions les plus profondes sont le lieu même où convergent politique, culture et économie. Ce n’est pas que l’amour soit la racine de tout, mais qu’il contient tout, en faisant un site puissant de pouvoir.

Un outil pour le changement. En révélant la construction artificielle du désir, la psychanalyse devient une alliée des mouvements anticapitalistes et progressistes. Elle nous aide à comprendre comment nos désirs sont construits et reconstruits par le développement numérique et ses économies associées, un fait que le capitalisme cherche à dissimuler. Cette compréhension est essentielle pour mener une « désirévolution » qui transforme l’économie libidinale de la vie sociale contemporaine.

8. La « ludification » de la vie transforme chaque interaction en acte monétisé

Nous n’interagissons pas avec eux, cependant, mais avec la machine.

Le jeu omniprésent. Nos vies sociales numériques, de Twitter aux applications de rencontres, sont profondément « ludifiées ». Chaque « like », « partage » ou « swipe » fonctionne comme une récompense en jeu, délivrée par le « moteur de jeu ultime » de la plateforme elle-même. Cette boucle addictive de rétroaction, comparable aux machines à sous ou aux jeux sur smartphone, transforme nos interactions en actes monétisés, où notre « travail gratuit » génère du profit pour les capitalistes des plateformes.

Addiction au médium. Nous croyons souvent interagir avec d’autres personnes, mais nous sommes tout autant, sinon plus, en interaction avec la machine sous-jacente. Cela soulève la question : sommes-nous accros au médium lui-même, plutôt qu’au message ou à la personne ? Le plaisir tiré du « ping » d’une application de rencontres ou d’un « like » sur les réseaux sociaux peut être indiscernable du désir d’une connexion authentique, brouillant la frontière entre interaction humaine et récompense algorithmique.

Joueurs d’un système. Que nous jouions activement aux jeux vidéo ou non, la ludification nous affecte tous. Le « gamespace » est omniprésent, gouvernant notre monde extérieur et nos relations. Ce système, largement contrôlé par les capitalistes de la Silicon Valley, place tous les autres en position de joueurs, soumis à une forme de capitalisme où les inégalités de pouvoir sont amplifiées par les mécanismes mêmes qui façonnent nos désirs.

9. Une « désirévolution » collective est nécessaire pour reprendre notre avenir numérique

Si nous ne voulons pas que le capitalisme numérique mette nos désirs au travail, un changement structurel, et non un simple réapprentissage individuel, est indispensable.

Au-delà de l’individualisme. Le modèle actuel du désir, fortement influencé par le capitalisme numérique, promeut des expériences individualisées et uniques, masquant sa nature collective et construite. Pour y remédier, il nous faut une « désirévolution » qui réoriente le désir vers un bénéfice collectif mutuel, favorisant la solidarité au-delà des frontières culturelles, économiques et sociales. Il s’agit de dépasser la simple satisfaction des désirs des citoyens pour transformer ce qu’ils désirent.

Un changement structurel, pas seulement des technologies originales. Si des technologies innovantes peuvent servir des agendas progressistes, le véritable changement exige des transformations structurelles fondamentales. Nous avons besoin de plateformes coopératives, à but non lucratif et en accès libre, indépendantes des logiques de profit du capitalisme des plateformes. Cela implique de remettre en cause les modèles de propriété et les lois sur la propriété intellectuelle qui privatisent l’espace numérique, transformant les services « gratuits » en mécanismes d’exploitation du travail et des données.

Reprendre le futur. Le potentiel libérateur initial d’Internet a été détourné, conduisant à un étouffement de la créativité et à une fermeture sans précédent de l’espace collectif. Pour inverser cette tendance, il nous faut une « intelligence collective » d’acteurs collaboratifs et des politiques qui arrachent la propriété au 1 %. L’avenir du désir, et donc de la politique, dépend de notre capacité à produire et désirer collectivement un futur fondé sur la solidarité et un bien commun où chacun puisse vivre et aimer.

Follow
Écouter
Now playing
Dream Lovers
0:00
-0:00
Now playing
Dream Lovers
0:00
-0:00
1x
Queue
Home
Swipe
Library
Get App
Try Full Access for 3 Days
Listen, bookmark, and more
Compare Features Free Pro
📖 Read Summaries
Read unlimited summaries. Free users get 3 per month
🎧 Listen to Summaries
Listen to unlimited summaries in 40 languages
❤️ Unlimited Bookmarks
Free users are limited to 4
📜 Unlimited History
Free users are limited to 4
📥 Unlimited Downloads
Free users are limited to 1
Risk-Free Timeline
Today: Get Instant Access
Listen to full summaries of 26,000+ books. That's 12,000+ hours of audio!
Day 2: Trial Reminder
We'll send you a notification that your trial is ending soon.
Day 3: Your subscription begins
You'll be charged on Jun 9,
cancel anytime before.
Consume 2.8× More Books
2.8× more books Listening Reading
Our users love us
600,000+ readers
Trustpilot Rating
TrustPilot
4.6 Excellent
This site is a total game-changer. I've been flying through book summaries like never before. Highly, highly recommend.
— Dave G
Worth my money and time, and really well made. I've never seen this quality of summaries on other websites. Very helpful!
— Em
Highly recommended!! Fantastic service. Perfect for those that want a little more than a teaser but not all the intricate details of a full audio book.
— Greg M
Save 62%
Yearly
$119.88 $44.99/year/yr
$3.75/mo
Monthly
$9.99/mo
Start a 3-Day Free Trial
3 days free, then $44.99/year. Cancel anytime.
Unlock a world of fiction & nonfiction books
26,000+ books for the price of 2 books
Read any book in 10 minutes
Discover new books like Tinder
Request any book if it's not summarized
Read more books than anyone you know
#1 app for book lovers
Lifelike & immersive summaries
30-day money-back guarantee
Download summaries in EPUBs or PDFs
Cancel anytime in a few clicks
Scanner
Find a barcode to scan

We have a special gift for you
Open
38% OFF
DISCOUNT FOR YOU
$79.99
$49.99/year
only $4.16 per month
Continue
2 taps to start, super easy to cancel
Settings
General
Widget
Loading...
We have a special gift for you
Open
38% OFF
DISCOUNT FOR YOU
$79.99
$49.99/year
only $4.16 per month
Continue
2 taps to start, super easy to cancel