Points clés
1. Kundalini : La Source Universelle de Vie et de Puissance
La Kundalini, axe vertical au centre le plus intime de l’être humain et de l’univers, est la source même de la puissance de l’homme, attirant et déployant toutes ses énergies.
Énergie cosmique. La Kundalini n’est pas un simple phénomène individuel, mais l’énergie cosmique latente qui réside en chaque être humain, constituant l’origine de toute force, puissance et forme de vie. Cette énergie fondamentale, une fois éveillée, contrôle et déploie l’ensemble du spectre des manifestations humaines et universelles. Elle est l’énergie consciente à l’origine à la fois du prana (énergie vitale) et du virya (puissance adamantine), qui émergent de la vitalité la plus profonde (ojas) pour se fondre en une béatitude unique.
Au-delà du yoga ordinaire. Contrairement aux pratiques occasionnelles, le yoga Kundalini est un système complet d’éveil, de contrôle et de déploiement de cette énergie fondamentale. Il représente l’aboutissement ultime sur le chemin de l’énergie, prôné par le système Kula, et est intimement lié à la compréhension du tantrisme. Sans une véritable maîtrise de la Kundalini, le sens profond des pratiques tantriques demeure insaisissable, car elles visent fondamentalement son éveil et sa maîtrise.
L’essence de la vie. La Kundalini est la source même de toute vie, bien que sa nature véritable dépasse toute description intellectuelle. Si elle peut être vécue avec une intensité immense et produire des effets remarquables, aucun volume ne saurait en transmettre l’essence. Pour ceux qui la vivent, la Kundalini est aussi simple et fondamentale que la vie elle-même, incarnant l’ondulation vibrante de l’émanation et la vibration subtile de la résorption.
2. Le Rôle Indispensable d’un Guru Éveillé
Il ne saurait être trop souligné que sans un tel guide, ou en suivant un maître impuissant et ignorant, l’éveil de la Kundalini aura des conséquences désastreuses.
Lumière guide. En raison de la nature mystérieuse et potentiellement violente de la manifestation de la Kundalini, l’exploration de ses secrets nécessite la guidance d’un maître issu d’une lignée particulière, doté d’un savoir infaillible. Les anciens maîtres Saiva ont délibérément enveloppé ces pratiques de mystère, n’en offrant que des allusions dans les écritures, afin d’en interdire l’accès au profane et de préserver la tradition vivante.
Éviter le désastre. Manipuler la Kundalini sans une guidance appropriée comporte des risques majeurs, tels que troubles psychiques graves, dépression, folie, paralysie ou cécité, souvent attribués à tort à d’autres causes. Une ascension défectueuse peut dévier son cours, engendrant de nouveaux maux même si les anciens disparaissent. La véritable Kundalini est un flux ascendant, une réalisation rare, même pour les yogins dévoués, nécessitant à la fois un maître éclairé et un état d’absorption.
Transmission de la grâce. Le rôle du guru s’étend à la transmission directe, appelée vedhadiksa (initiation par pénétration), où la conscience illuminée du maître pénètre la conscience obscurcie du disciple. Cela consiste à infuser la conscience du maître dans le souffle et les centres du disciple, les purifiant et permettant à ce dernier d’éprouver les effets de l’ascension de la Kundalini. Cet échange profond, souvent décrit comme « de cœur à cœur, de corps à corps », est crucial pour un progrès spirituel sûr et efficace.
3. Vibration et Rythme : Le Cœur de la Manifestation de la Kundalini
Ainsi, l’énergie Kundalini n’est rien d’autre que vibration — l’ondulation vibrante de l’émanation, la vibration de plus en plus subtile de la résorption — une vibration à haute fréquence.
La danse cosmique de Siva. L’éveil de la Kundalini est l’éveil de l’énergie cosmique latente, reflétant la danse de Siva (nataraja), qui déploie et résorbe l’univers par des vibrations sonores et le feu. Cette danse incarne le rythme primordial du Cœur divin, initiant tout mouvement. La Kundalini est l’essence de ce rythme cosmique, générant le rythme à tous les niveaux de l’existence, du subtil au grossier.
Spanda : Le pouls universel. Le Saivisme du Cachemire met l’accent sur spanda, la vibration fondamentale qui sous-tend toute réalité. Des termes comme calatta (tremblement), pipilika (picotement), parispanda (vibration subtile intense) et sphuratta (vibrations lumineuses) en décrivent les diverses formes. Cette vibration est la manifestation de la Kundalini tant dans sa forme cosmique qu’individuelle, apparaissant comme de puissantes vibrations corporelles lorsqu’elle est éveillée.
Le cœur de la conscience. Le Cœur divin est défini comme l’essence du Soi, Bhairava, et de la déesse suprême, un vide (kha) exempt de dualité, identique au spanda initial. Ce centre éternel et vibrant est le réceptacle universel où tous les univers naissent et se retirent. Atteindre spanda signifie atteindre l’efficience (virya), un équilibre entre mouvements opposés, qui est le but de la pratique de la Kundalini : trouver le point de jonction des rythmes.
4. L’Anatomie Subtile : Chakras, Nadi et la Voie Médiane
Plutôt que des représentations pittoresques utilisées comme base de concentration, les cakra ou roues sont, pour les Saivites du Cachemire, des centres vibratoires connus par l’expérience.
Centres vibratoires. Dans le Saivisme du Cachemire, les chakras ne sont pas des points physiologiques statiques, mais des centres vibratoires dynamiques du corps subtil, ressentis comme des « roues tournantes » lors de l’ascension de la Kundalini. Ces centres, reliés par les nadi (courants subtils d’énergie), diffusent des énergies divines à travers le corps. Le système Trika reconnaît cinq chakras principaux, du muladhara (racine) au brahmarandhra (couronne).
La voie royale. Parmi les 72 000 nadi, ida (gauche), pingala (droite) et susumna (médiane) sont les plus importants. Susumna, la « voie royale et centrale », est un canal délicat et vide par lequel la Kundalini s’élève. Son vide permet au souffle de vibrer et de devenir conscient, retrouvant son essence universelle. Sur ce chemin, la Kundalini perce les chakras, qui chez l’individu ordinaire sont des « nœuds » (granthi) d’énergie emmêlée, renforçant l’ego.
Chakras clés et leur signification :
- Muladhara : Support racine, la Kundalini enroulée y sommeille, contenant un « poison » (énergie dissipée) qui se transforme en « puissance omniprésente » (vis) à l’éveil.
- Nabhi (Nombril) : Centre d’échange, d’où partent dix nadi principaux.
- Hrdaya (Cœur) : L’énergie devient subtile, transmet spontanément la puissance, point de départ habituel de l’agitation de la Kundalini.
- Kantha (Gorge) & Bhrumadhya (Entre les sourcils) : Centres supérieurs, bhrumadhya est un passage difficile nécessitant maîtrise du samadhi et aide du Guru.
- Brahmarandhra/Dvadasanta : Sommet du crâne, fin du parcours de la Kundalini, où l’énergie devient suprême et omniprésente, menant au sivavyapti cosmique.
5. Moyens Divers pour Éveiller l’Énergie Enroulée
La véritable portée des pratiques purement intérieures qu’ils préconisent ne peut être saisie que si l’on sait que chacune d’elles met en jeu un mode spécifique d’énergie spirituelle : parole, souffle, pensée, vibration et diverses autres manifestations d’une même puissance cosmique.
Au-delà du Hathayoga. Les pratiquants Kaula rejettent l’effort soutenu, la forte volonté et les arrêts brusques du souffle ou de l’éjaculation caractéristiques du Hathayoga. Ils prônent des pratiques purement intérieures qui mobilisent des modes spécifiques d’énergie spirituelle, reconnaissant la présence de la Kundalini dans la parole, le souffle, la pensée et la vibration, reflétant l’émanation et la résorption cosmiques.
Purification mentale. Un moyen principal est le vikalpaksaya, la destruction de la pensée dualisante, des alternatives et des dilemmes. Cette voie simple et suprême (sambhavopaya) libère des disciplines limitées comme les exercices respiratoires et les mudras. Lorsque l’esprit se calme et que l’effervescence cesse, l’état suprême est atteint par la conscience non-duelle.
Contrôle du souffle et brassage. Les pratiques liées au prana (souffle) impliquent suspension, rétention et allongement de la respiration. En prenant conscience des points de repos des souffles inhalé (apana) et exhalé (prana), et en les stabilisant, ils s’intériorisent dans la voie médiane, devenant samana (souffle égal), puis udana (souffle vertical), et enfin vyana (souffle omniprésent) à mesure que la Kundalini s’élève. Ce « brassage » (manthana) des souffles, comparé à l’allumage du feu sacrificiel, transforme l’énergie grossière en énergie subtile et consciente.
Mantra et contemplation. La syllabe OM, en tant que pranava, concentre toutes les vertus du mantra, aidant à la synchronisation du souffle et à l’ascension de la Kundalini. La contemplation des extrémités initiale et finale (kotinibhalana) des courants d’énergie, ainsi que le double mouvement de saktisamkocavikasa (rétraction et expansion de l’énergie), sont également essentiels. La rétraction (feu) consume la dualité, tandis que l’expansion (visa) conduit à l’omniprésence, transformant les énergies mondaines en buts supérieurs.
6. La Voie Ésotérique (Kulamarga) : Transfigurer le Désir en Union Divine
La pratique sexuelle évoquée ici n’est pas une activité lubrique, une soif de jouissance ; elle ne vise ni le plaisir ni la procréation, mais se présente comme un yoga, une discipline, un acte sacré ayant pour but la réalisation de l’essence du Soi, l’identification à Siva.
Discipline héroïque. Le Kulamarga ou voie ésotérique, en particulier le kulayaga (sacrifice ésotérique), est une discipline profonde, non une quête de plaisir charnel. Elle vise la réalisation de l’essence du Soi et l’identification à Siva, exigeant des qualités héroïques (vira) : maîtrise des sens et de l’esprit, renoncement et détachement complet envers le partenaire ou le résultat. Cette pratique repose sur l’éveil et l’ascension de la Kundalini, car seul udana (souffle ascendant) assure l’équilibre nécessaire.
Les « Trois M » et leur but : Le kulayaga utilise consciemment des substances traditionnellement interdites — viande, alcool et union sexuelle (maithuna) — non pour l’indulgence, mais pour déraciner le doute et surmonter les préjugés sociaux. Pour un vira, ce sont des moyens de libération, transmutant l’énergie en puissance spirituelle, car le plaisir non recherché pour lui-même cesse d’être un obstacle. Cela remet en cause les vues orthodoxes brahmacarin, affirmant que la véritable pureté réside dans l’identification de toutes choses à la Conscience.
La femme comme Sakti. Une particularité est la vénération de la femme en tant que Sakti, incarnation de la conscience divine. Le partenaire (duti) est honoré comme divin, indépendamment de la beauté ou de la caste, et agit en maître. Cette pratique, souvent initiée par une yogini, met l’accent sur le culte mutuel et l’identification à Siva et Sakti. Le but est d’atteindre le samadhi durant l’union, où le couple reste absorbé, transcendant les limites individuelles pour fusionner dans l’unité primordiale.
7. L’Ascension : Étapes, Signes et Béatitude Profonde
Lorsqu’elle imprègne tout le corps, la béatitude absolue prévaut, mais tant qu’elle reste confinée à un centre, le chemin n’est pas clair et certains phénomènes se manifestent.
Phases de vibration. À mesure que la Kundalini s’élève, le yogin expérimente des phases distinctes de vibration, ou « signes sur le chemin », indiquant l’activation des chakras et la diffusion de l’énergie. Ces réactions, décrites dans des textes comme le Malinivijayatantra, cessent une fois que le yogin s’identifie à la Réalité. Les cinq signes majeurs sont :
- Ananda (Béatitude) : Ressentie dans le triangle inférieur (muladhara), une conscience paisible de soi, libérée de la pensée dualisante.
- Udbhava/Pluti (Saut/Élan) : Sensation saisissante lors de la rupture des liens terrestres, due aux vibrations émanant du kanda (bulbe).
- Kampa (Tremblement) : Le centre du cœur subit un choc, le corps tremble de manière incontrôlable à mesure que l’identification erronée au corps s’affaiblit.
- Nidra (Sommeil spirituel) : Perte de conscience du monde objectif au talu (palais), expérience mystique profonde distincte du sommeil ordinaire, marquée par le souvenir et une vigilance subtile.
- Ghurni (Tourbillon vibrant) : Tourbillon mystique intense et indicible au brahmarandhra, menant à la conscience universelle et à la pervasion finale, transcendant les limites spatio-temporelles.
Montée sextuple du souffle et de la béatitude : Abhinavagupta détaille sept types de béatitude accompagnant la récupération du souffle dans sa nature cosmique :
- Nijananda (Béatitude personnelle) : Issue du souffle intériorisé au point de jonction des états (ex. veille/sommeil).
- Nirananda (Béatitude complète) : Souffle suspendu dans le vide, produisant une ivresse.
- Parananda (Béatitude suprême) : Souffle inspiré pénétrant le talu, résultant de la fusion des impressions subjectives/objectives.
- Brahmananda (Béatitude du Brahman) : Prana et apana équilibrés dans samana, le monde apparaît dans l’égalité.
- Mahananda (Grande béatitude) : Udana (souffle vertical) s’élève, engloutissant la dualité, paix pure du Sujet.
- Cidananda (Béatitude de la conscience) : Udana se calme, vyana (souffle diffus) monte en puissance, grande pervasion (mahavyapti).
- Jagadananda (Béatitude universelle) : Souffle fusionné à l’énergie libre qui imprègne l’univers, actions cosmiques.
Voies défectueuses. Le manque de vigilance peut conduire à des ascensions incomplètes ou « démoniaques » (pisacavesa), où l’énergie descend, provoquant dépression, fatigue ou dégoût, sans bénéfice spirituel.
8. Les Mantras SAUH et KHA : Clés de l’Émanation et de la Résorption Cosmiques
SAUH est le mantra du cœur, le « je » suprême, et il ne doit pas être considéré comme une formule à réciter, mais comme une énergie à activer pour obtenir la compréhension pleine de puissance (mantravirya) par laquelle on revient à la source — le Cœur universel et son rythme.
SAUH : Le mantra de l’émanation. Cette parabija (graine suprême émettrice) symbolise le cœur de Bhairava, unissant paix et émergence. C’est une énergie à activer, non simplement à réciter, conduisant au mantravirya (puissance du mantra) et au retour au Cœur universel.
- S (Sat) : Existence pure, objectivité, nectar conscient (source de vie) émis dans le feu de la Conscience.
- AU (Santa-Udita) : Univers apaisé s’élevant vers le trident des énergies, éveillant la paix suivie de l’émergence.
- H (Visarga) : Émission, se divisant en deux points (interne/externe), unifiés dans le bindu, révélant la « libération » du courant suprême dans la Conscience.
SAUH dans la pratique sexuelle : Dans l’union ésotérique, SAUH se rapporte au son spontané (dhvani) des cris amoureux. S représente le désir sans attachement, AU le point d’identification lors de l’ascension de la Kundalini par la voie médiane, et H unit le dvadasanta interne et externe avec le cœur, fusionnant les amants dans le Soi non différencié.
KHA : Le mantra de la résorption. Ce mantra, associé à l’ascension de la Kundalini, concerne les séjours successifs dans dix espaces intérieurs (KHA) de paix croissante. En contemplant l’éveil de la Kundalini dans le centre inférieur et en prononçant KHA, la puissance du mantra s’élève dans le canal médian jusqu’au centre supérieur. Ce processus transcende la connaissance et l’activité, atteignant l’énergie de la volonté (icchasakti), la conscience pure de soi (svavimarsa), et enfin le domaine du mantra, source de sa puissance.
9. Samadhi et Unmani : Au-Delà de la Pensée, Vers la Conscience Universelle
Lorsque le yogin s’est retiré dans l’état de dhyana, la Kundalini peut s’élever jusqu’à la gorge ; mais s’il veut la conduire dans la tête, il doit être capable de demeurer dans un état profond et continu d’absorption.
Absorption profonde. Le samadhi (absorption) ou samavesa (pénétration/fusion) est un état de vie mystique profonde essentiel à l’ascension complète de la Kundalini. Si une vie mystique profonde ne requiert pas nécessairement l’ascension de la Kundalini, celle-ci ne peut s’accomplir sans une vie mystique authentique. C’est un état de centrage naturel dans le cœur, où l’activité mentale disparaît, permettant à la Kundalini de s’élever au-delà de la gorge vers la tête.
Unmani : Transcender la pensée. L’énergie la plus élevée, unmani, transcende la pensée et ses normes, représentant le Cœur Suprême, le Cœur de la yogini, englobant l’univers non différencié. En tant que dix-septième kala, il symbolise l’équilibre parfait où Siva conserve le pouvoir créateur sans créer, acquérant simultanément omniscience et omnipotence. Cet état conduit au sivavyapti (pénétration divine), où le Soi se dissout en Siva, réalisant la fusion totale (mahavyapti).
Le vide de la conscience de soi. L’expérience de la Kundalini implique un retournement vers l’intérieur et un accord de toutes les énergies pour retrouver le rythme primordial, faisant prendre conscience que le passage de la dualité à l’unité s’opère par le feu croissant de l’effervescence. Ce n’est pas un vide inerte, mais un vide vibrant, donnant naissance à une conscience de soi intense. Le yogin, en unmilanasamadhi (absorption aux yeux ouverts), jouit de la jagadananda (béatitude universelle), percevant tout baigné de félicité.
10. Le Sacrifice Intime : Transfigurer le Corps et l’Univers
Toutes les choses jetées avec force dans le feu brûlant au sein de notre propre conscience perdent leur différenciation tout en nourrissant sa flamme de leur propre énergie.
Friction et fusion. Le kulayaga (sacrifice ésotérique) implique une union intime (mithuna) où la friction répétée entre sujet et objet (ou homme et femme) accélère l’échange, intensifiant la joie et l’énergie, dissolvant les délimitations de l’objet et mettant fin à la dualité sujet/objet. Cela permet au yogin de fusionner dans le Tout, expérimentant la Conscience cosmique ainsi qu’un corps et un univers transfigurés. Ce processus ne se limite pas au contact sexuel, mais s’applique à toute inter-pénétration intense sujet-objet.
Nectar divin et organes transfigurés. Tout comme yoni et linga émettent l’ambroisie, l’union du feu (agni, sujet) et de la lune (soma, objet) libère un nectar divin. Ce nectar, issu du monde transfiguré, imprègne le corps et les organes sensoriels du yogin, qui deviennent des « divinités » se délectant d’un univers désormais transformé en nectar. Le feu de la Kundalini consume la multiplicité, la ramenant à la Conscience non différenciée, tandis que soma (l’objet transfiguré) fond dans le centre universel, puis émet intérieurement l’univers.
Santodita : Quiescence et émergence. Cette pratique repose sur santodita, la double polarité de l’énergie (quiescente et émergente), symbolisée par les deux points du visarga. Elle suit le rythme de l’acte sexuel, où le retrait en soi (santa) et l’émergence (udita) s’alternent, conduisant au kaula, la Réalité ultime. Ce processus culmine en kramamudra, une attitude mystique où mondes intérieur et extérieur s’égalent, et l’union individuelle de l’homme et de la femme mène à l’union universelle de Bhairava et Bhairavi, révélant la Conscience et la béatitude.