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Personne ne veut de vos merdes

Personne ne veut de vos merdes

L'art de désencombrer avant de mourir
par Messie Condo 2023 194 pages
3.62
8 000+ évaluations
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Points clés

Désencombrez maintenant pour que vos proches endeuillés ne maudissent pas votre nom plus tard

A comparative split-panel diagram contrasting a calm person organizing their own belongings with headphones on, versus an overwhelmed, grieving relative later buried under chaotic, towering boxes of unwanted junk.

Le postulat morbide qui vous libère. Ce livre reformule le concept suédois de döstädning, ou ménage de la mort, en un discours de motivation cru et sans filtre. Le recadrage central : le bazar n'est rien d'autre qu'un ensemble de décisions reportées. Repoussez-les assez longtemps, et quelqu'un d'autre — généralement un proche épuisé et en deuil — héritera d'une vie entière de choix que vous avez refusé de faire.

L'auteur soutient que personne ne sait vraiment ce que « débordé » signifie tant qu'on n'a pas pris un congé sans solde pour vider la maison d'un parent décédé tout en le pleurant. Vous pouvez le faire lentement, à votre rythme, en écoutant un podcast true crime, ou vous pouvez forcer un être cher à le faire dans l'urgence, sous la pression d'un délai. Le titre lui-même est la thèse : cette balle de baseball dédicacée, les bijoux fantaisie, les tiroirs du sol au plafond remplis de vis ? Personne ne veut de vos affaires. Acceptez-le, et les décisions deviennent plus faciles.

Analyse

Ce qui frappe, c'est la façon dont le livre instrumentalise la mortalité comme un outil de productivité, faisant écho à la tradition stoïcienne du memento mori, sans les toges. Le best-seller plus doux de Margareta Magnusson en 2017, sur la même pratique suédoise, la présente comme un acte de bienveillance ; cette version la présente comme une prise de responsabilité. Les deux reposent sur un solide constat comportemental : les gens sous-estiment fortement les coûts futurs (actualisation hyperbolique), de sorte que les fardeaux abstraits d'un « un jour » lointain semblent sans poids aujourd'hui. En rendant le fardeau concret et personnel (votre enfant préféré qui vous en veut), l'auteur convertit un coût futur diffus en motivation au présent. La limite : un cadrage fondé sur la peur peut paralyser aussi facilement qu'il peut propulser, ce que le livre lui-même reconnaît en pivotant vers des motivations positives.

Le ménage de la mort garde vos favoris ; il expulse simplement le poids mort

A split-panel diagram contrasting forced downsizing on the left with mindful, voluntary death cleaning and early gifting on the right.

Ce n'est pas un déménagement en plus petit. L'auteur trace une ligne nette entre le ménage de la mort et la réduction de surface. Réduire, c'est sinistre, rapide et subi — généralement imposé par des difficultés ou l'âge — et cela exige de renoncer à des choses que vous aimez. Le ménage de la mort vous demande seulement d'éliminer ce qui ne vous convient plus, selon votre propre calendrier.

Le tour de magie consiste à ajouter une seconde question à l'habituel « est-ce que ça me rend heureux ? ». Vous demandez aussi : qu'adviendra-t-il de cet objet quand je ne serai plus là ? Prenez une peluche de votre défunte mère qui vous fait sourire mais dont vous ne savez jamais quoi faire. L'offrir maintenant à votre nièce passionnée d'amphibiens vous permet d'être témoin de sa joie et épargne à un futur proche la culpabilité de la jeter. La plupart des choix de désencombrement, insiste l'auteur, sont secrètement des situations gagnant-gagnant comme celle-ci.

Analyse

La distinction compte plus qu'il n'y paraît. Le cadrage est déterminant dans le changement de comportement ; les tâches formulées en termes de perte (« abandonnez vos affaires ») déclenchent l'effet de dotation — notre tendance à surévaluer ce que nous possédons déjà —, tandis que les tâches formulées en termes de gain (« sélectionnez ce que vous aimez ») le contournent. En reformulant le tri comme une curation, l'auteur abaisse l'énergie d'activation psychologique. Le filtre à deux questions externalise aussi habilement la décision, en mobilisant l'empathie envers les futurs héritiers pour surmonter l'attachement présent. Une nuance à signaler : l'optimisme du gagnant-gagnant peut sonner creux pour des objets véritablement irremplaçables ou pour des personnes dont les proches sont en rupture. Tous les objets n'ont pas une nièce reconnaissante qui les attend.

Un objet n'est pas un souvenir : gardez l'émotion et débarrassez-vous de la chose

Split panel diagram comparing a person burdened by keeping a heavy physical sled with a person who has discarded the physical sled but happily preserved its memory.

Les objets sont des vecteurs, pas la cargaison. Le mantra le plus répété du livre est qu'un objet n'est pas un souvenir. L'auteur soutient que votre attachement n'a jamais porté sur l'objet lui-même, mais sur les émotions qu'il déclenche. Vous pouvez vous rappeler la liberté de votre première voiture sans la laisser rouiller dans le garage, ou votre fille dans sa robe en vichy rose sans conserver l'original taché et imprégné de naphtaline.

La démarche pratique : photographiez les objets sentimentaux avant de vous en séparer, en les classant dans un dossier de votre téléphone pour une dose de nostalgie à la demande. Mieux encore, transmettez l'histoire, pas l'objet. L'auteur illustre cela avec une vieille luge cabossée du garage. Les héritiers la jetteraient comme un déchet, sans jamais savoir qu'elle portait l'histoire d'un père stoïque, vétéran de guerre, dévalant joyeusement une pente en luge avec son enfant pour s'écraser contre un arbre. Racontez l'histoire, et la luge devient facultative.

Analyse

Cela correspond à la façon dont la science de la mémoire fonctionne réellement. Les souvenirs sont reconstructifs, ils ne sont pas stockés comme des fichiers attachés à des objets ; l'indice (la robe) facilite la récupération mais n'est pas le souvenir lui-même. Les travaux d'Endel Tulving sur la spécificité de l'encodage montrent que les indices aident le rappel, mais les photos servent d'indices tout aussi efficacement, ce qui valide l'astuce de la photo proposée par l'auteur. Le point plus profond rejoint la psychologie narrative : Dan McAdams soutient que l'identité est fondamentalement un récit que nous racontons, pas un inventaire que nous détenons. Transmettre des histoires plutôt que des objets peut transmettre davantage d'une personne que n'importe quel héritage matériel. Le défi : certains objets tactiles encodent véritablement une mémoire sensorielle qu'une photo aplatit.

Vos excuses pour garder du bazar sont valables mais inutiles

Le vrai travail, c'est de lâcher les conneries, pas les objets. L'auteur catalogue les rationalisations que nous déployons et les démonte une par une. « Ça pourrait servir un jour » : si vous ne l'avez pas utilisé dans les deux semaines où vous avez activement essayé, vous ne le ferez pas, et vous pouvez le racheter. « J'ai payé cher pour ça » : le coût irrécupérable est parti, et votre tranquillité d'esprit vaut plus que le regret qui vous fixe depuis votre placard. « C'est du gaspillage de le jeter » : non, accumuler des choses inutilisées alors que quelqu'un d'autre pourrait s'en servir, ça, c'est le vrai gaspillage.

Un recadrage marquant concerne la mentalité de pénurie — l'emprise que laissent les difficultés financières, vous poussant à vous accrocher à tout par peur de manquer. L'auteur reconnaît que c'est compréhensible mais contre-productif pour le désencombrement, et suggère de consulter un professionnel pour travailler dessus. Le fil conducteur : des émotions comme la culpabilité sont naturelles, mais ce sont de piètres guides.

Analyse

L'économie comportementale a nommé la plupart de ces pièges il y a des décennies. Le biais des coûts irrécupérables (valoriser une dépense passée plutôt que l'utilité présente) et l'aversion à la perte (les pertes font environ deux fois plus mal que les gains équivalents ne procurent de plaisir, selon Kahneman et Tversky) expliquent pourquoi un blouson en cuir inutile semble impossible à jeter. Les réfutations de bon sens de l'auteur sont étonnamment alignées avec la pratique clinique ; la thérapie d'acceptation et d'engagement enseigne de manière similaire qu'on peut reconnaître une émotion sans lui obéir. La mention de la mentalité de pénurie mérite d'être saluée pour sa nuance, faisant allusion au trouble de l'accumulation compulsive, une pathologie reconnue, sans la banaliser. Le livre reste en mode amour vache, mais signaler quand il faut consulter un professionnel est une démarche responsable.

Commencez par un tiroir pour muscler votre capacité à lâcher prise

L'élan bat la motivation. L'auteur rejette les purges radicales de la même façon que les régimes draconiens échouent : jetez tous les Oreo et vous en rachèterez à la station-service avant la fin de la soirée. Commencez plutôt ridiculement petit — cinq minutes par jour, un tiroir, un carton marqué « à donner » que vous remplissez progressivement. Les petites victoires génèrent une euphorie du désencombrement qui s'accumule.

Cela développe ce que l'auteur appelle le muscle du « j'en ai rien à foutre » — la capacité de se débarrasser de quelque chose sans se torturer. Le premier jour, une chemise peut nécessiter une heure d'angoisse avant d'être lâchée ; avec la pratique, la même décision prend deux minutes. Point crucial : l'ordre compte. Gardez les mines sentimentales (photos, objets de famille, lettres d'amour) pour la fin, une fois que vous êtes blindé contre le sentimentalisme, car la nostalgie détruit l'énergie décisionnelle et quatre heures s'évaporent à feuilleter des journaux intimes d'adolescent. Commencez plutôt par ce qui vous agace : le porte-épices qui s'effondre, les vêtements de travail mis au rebut.

Analyse

C'est la même architecture que les habitudes atomiques de James Clear et les micro-habitudes de BJ Fogg : réduisez le comportement jusqu'à ce qu'il soit trop petit pour être refusé, puis laissez le succès engendrer le succès. Le muscle du « j'en ai rien à foutre » est en réalité une compétence décisionnelle, et il existe des preuves qu'elle se fatigue et se renforce comme telle ; les recherches sur la fatigue décisionnelle (Baumeister) montrent que les choix épuisent une ressource partagée, ce qui explique exactement pourquoi l'auteur place les décisions triviales en premier et met en quarantaine les décisions émotionnelles. Garder les objets sentimentaux pour la fin est un séquençage astucieux qui protège l'élan fragile du début. La métaphore crue rend un vieux principe vivant, même si le conseil sous-jacent (commencer petit, monter en puissance) est bien connu.

Faites en sorte que chaque objet mérite sa place au prix du mètre carré de votre logement

Faites les comptes de votre bazar. L'auteur propose un exercice comptable brutal : divisez le coût de votre logement par sa surface. C'est ce que chaque mètre carré vous coûte. Demandez-vous maintenant si la machine à pain ensevelie dans un placard depuis l'arrivée du airfryer mérite son loyer. Les garde-meubles reçoivent un traitement encore plus sévère, qualifiés d'« appel à l'aide hors de prix », où les gens paient des milliers d'euros par an — une semaine aux Fidji — pour entreposer des choses dont ils ne veulent pas.

Les critères pour garder un objet sont concrets :
1. Utilisé au cours des six derniers mois ?
2. Allez-vous l'utiliser dans les six prochains ?
3. Le gardez-vous uniquement pour faire plaisir à quelqu'un d'autre ?
4. Le conservez-vous pour quelqu'un (qui doit le prendre maintenant ou jamais) ?
5. Le garderiez-vous si vous déménagiez sans déménageurs ?

Les « peut-être » sont éliminés. Ranger le bazar dans de jolies boîtes, ce n'est pas désencombrer ; c'est cacher le problème.

Analyse

Le recadrage au prix du mètre carré est un exemple véritablement astucieux d'économie comportementale appliquée, convertissant un coût invisible et continu en un chiffre visible, tout comme les conseillers financiers traduisent un café quotidien en dépense annuelle. Cela reformule le stockage comme un bail récurrent sur le regret. La critique des boîtes porte un coup réel au complexe industriel du rangement ; les influenceurs de l'organisation vendent souvent le contenant comme une solution alors qu'il ne fait que déplacer la décision. La règle des six mois « utilisez-le ou perdez-le » rappelle l'astuce des cintres retournés dans la garde-robe (retourner les cintres pour repérer les vêtements jamais portés). Une nuance : les objets saisonniers et d'urgence violent légitimement la règle des six mois, ce que l'auteur concède pour les décorations de fêtes, de sorte que les critères nécessitent du discernement, pas une application mécanique.

Demandez aux héritiers ce qu'ils veulent avant de leur léguer vos trésors

Ne présumez jamais, et approchez les héritiers comme des animaux sauvages. L'auteur insiste sur la communication plutôt que la présomption. Moins de gens se marient ou ont des enfants aujourd'hui, et vos descendants ne partagent peut-être pas vos goûts : la robe de mariée, les meubles anciens sombres, le beau service en porcelaine et les bijoux fantaisie finiront probablement dans une friperie ou une rage room (un lieu où l'on paie pour tout casser). Offrez discrètement les pièces significatives de votre vivant pour être témoin de la joie qu'elles procurent.

Les enjeux sont relationnels. Proposer la bague de votre mère à une fille peut déclencher des décennies de guerre passive-agressive avec l'autre. L'auteur conseille de d'abord recueillir des informations — en interrogeant une personne neutre ou en posant des questions ouvertes —, puis de mettre la répartition par écrit. Et libérez explicitement vos héritiers : dites-leur que votre amour ne dépend pas de la conservation de vos affaires, ce qui brise le cycle de culpabilité à l'origine même du bazar.

Analyse

Cela met en lumière une vérité peu discutée sur la transmission intergénérationnelle : les legs matériels peuvent fonctionner comme une rançon émotionnelle. Les sociologues notent que les millennials et la génération Z, confrontés à des logements plus petits et à une esthétique minimaliste, refusent de plus en plus les meubles sombres et la porcelaine de cérémonie, faisant s'effondrer une hypothèse séculaire selon laquelle les objets de famille prennent de la valeur sentimentale. Le geste d'autorisation de l'auteur est discrètement profond ; la théorie des systèmes familiaux y reconnaîtrait la rupture d'un schéma d'obligation multigénérationnel. Accorder aux héritiers l'absolution explicite de se débarrasser des objets est un véritable cadeau, réduisant ce que les thérapeutes appellent la culpabilité héritée. L'approche « communication d'abord » prévient aussi les conflits successoraux, que les avocats spécialisés confirment éclater bien plus souvent autour de babioles sentimentales que d'argent.

Organisez vos comptes et mots de passe pour que votre décès ne devienne pas une chasse au trésor

Le ménage de la mort est aussi numérique et administratif. Au-delà du désordre physique, l'auteur pousse les lecteurs à organiser le patrimoine invisible. Passez aux relevés dématérialisés et ne conservez que les documents introuvables en ligne (directives médicales, testament en vigueur, sept ans de déclarations fiscales, actes de propriété, actes de naissance) dans un seul coffre-fort ignifugé. Nettoyez votre ordinateur pour qu'un exécuteur testamentaire ne se retrouve pas à naviguer dans un tableau d'enquête criminelle aux noms de fichiers cryptiques.

Le plus urgent : les mots de passe. L'auteur recommande un système « un mot de passe pour les gouverner tous » — une phrase de passe unique et redoutablement robuste protégeant un gestionnaire de mots de passe ou un coffre-fort de navigateur — pour qu'une famille endeuillée ne se retrouve pas bloquée hors de comptes qui continuent de facturer chaque mois. Désignez des bénéficiaires et des contacts légataires (Facebook le permet) à l'avance, avec l'accord de la personne concernée. Ajouter un bénéficiaire à un compte bancaire peut épargner à vos proches des mois d'attente pendant que les factures s'accumulent.

Analyse

C'est la section la plus utile sur le plan pratique et la moins glamour, et elle aborde une crise véritablement moderne. La personne moyenne détient aujourd'hui des dizaines de comptes en ligne, et la planification successorale numérique accuse des décennies de retard sur le droit ; de nombreuses plateformes n'ont aucun protocole clair en cas de décès, piégeant les photos et verrouillant l'accès aux héritiers. Le conseil du gestionnaire de mots de passe est une bonne pratique de cybersécurité indépendamment de toute question de mortalité. Une mise en garde importante que l'auteur signale honnêtement : se connecter aux comptes d'une personne décédée enfreint souvent les conditions d'utilisation et les lois sur la fraude informatique — une zone grise juridique. Désigner un contact légataire Facebook ou un gestionnaire de compte inactif Google est la voie conforme. Ce chapitre à lui seul pourrait épargner à une famille des semaines d'agonie bureaucratique.

Utilisez une boîte à brûler pour que vos secrets ne traumatisent pas les survivants

Contrôlez ce que les autres trouveront. L'auteur introduit la boîte à brûler — un contenant étiqueté, idéalement verrouillé, renfermant tout ce que vous ne voudriez pas qu'un proche endeuillé ou un bambin curieux découvre, des sextoys aux secrets de famille, marqué « jeter sans ouvrir ». La solution la plus propre est de détruire ou supprimer ces éléments vous-même, car rares sont ceux qui résistent à l'appel irrésistible des drames d'autrui.

Une variante plus douce contient des souvenirs tout public qui n'ont de sens que pour vous : vieilles photos, lettres, coupures de presse, étiquetés « à jeter » pour que les héritiers puissent les parcourir ou s'en débarrasser sans culpabilité. L'auteur incite aussi les lecteurs à reconsidérer les confessions sur le lit de mort, qu'il qualifie de « coup de salaud », et à dire la vérité de son vivant pour pouvoir répondre aux questions, car les vérités enfouies finissent toujours par suinter à travers les fissures. Tout au long, le principe est d'épargner aux survivants à la fois le fardeau logistique et les éclats d'obus émotionnels.

Analyse

La boîte à brûler est une solution pratique à un problème que la plupart des guides de planification successorale ignorent totalement : la dignité et la vie privée des défunts, et le bien-être psychologique de ceux qui trient leurs effets. Il existe de véritables recherches sur la détresse persistante causée par la découverte posthume de la vie cachée d'un être cher. La position de l'auteur sur les confessions touche à des eaux éthiques profondes ; les philosophes débattent de la question de savoir si l'honnêteté due de son vivant expire à la mort. Le conseil de confesser de son vivant, en permettant le dialogue, s'aligne sur les principes de justice restaurative selon lesquels la vérité guérit mieux lorsqu'elle s'accompagne de responsabilité. L'humour (un bambin paradant avec un vibromasseur devant le voisin) adoucit des conseils véritablement utiles sur le contrôle du dernier chapitre de votre récit.

Dépensez pour des expériences, pas pour des objets, et stoppez le bazar à la caisse

Le meilleur désencombrement, c'est de ne pas acquérir. L'auteur conclut en s'attaquant à la source : l'inflation du mode de vie, cette tendance à remplir tout espace et tout budget libéré. Le remède est d'interroger le besoin avant l'achat. Avez-vous besoin du manomètre de pneu phosphorescent, ou la version basique fera-t-elle l'affaire ? Encore une bougie alors que douze se cachent dans vos placards ? Quand la tentation d'acheter surgit, imaginez rediriger cet argent vers une expérience — un voyage aux Fidji, une randonnée à Yellowstone, un rêve de food truck à Portland.

Moins d'objets signifie plus de liberté — financière et physique — pour vraiment vivre. Le père de l'auteur est l'exemple à ne pas suivre : mis au défi de nettoyer son garage de collectionneur compulsif rempli de trouvailles récupérées sur les trottoirs, il l'a fait, puis a aussitôt rerempli la maison et le garage, passant complètement à côté du sujet. Désencombrer sans changer ses habitudes d'achat, c'est écoper un bateau sans colmater la fuite.

Analyse

La prescription « expériences plutôt qu'objets » repose sur des bases solides. Les recherches du psychologue de Cornell Thomas Gilovich ont montré que les achats expérientiels procurent un bonheur plus durable que les achats matériels, en partie parce que les expériences résistent à l'adaptation hédonique (on s'habitue vite à un nouveau canapé mais on continue de savourer un souvenir) et en partie parce qu'elles deviennent partie intégrante de notre identité et de notre récit social. L'anecdote du père illustre pourquoi le changement de comportement sans changement de système échoue — la même raison pour laquelle les adeptes des régimes draconiens reprennent du poids. L'habitude de compter les bougies est une micro-application de la pleine conscience à la consommation. La tension honnête que le livre ne résout jamais complètement : il admet joyeusement que vous continuerez à fréquenter les magasins de déstockage, de sorte que l'objectif réaliste est une fuite maîtrisée, pas une coque étanche.

Analyse

Nobody Wants Your Sh*t est une reformulation truffée de grossièretés du döstädning, la tradition suédoise du ménage de la mort, visant directement les baby-boomers vieillissants et les enfants adultes anxieux qui lorgnent les garages de leurs parents. Écrit sous le pseudonyme espiègle de Messie Condo (un clin d'œil moqueur à Marie Kondo) et présenté comme la suite de Tidy the F*ck Up, il appartient au sous-genre du développement personnel comique qui utilise l'humour transgressif pour délivrer des conseils conventionnels — dans la lignée de Sarah Knight et Mark Manson. Son innovation principale ne réside pas dans les techniques de désencombrement, qui sont classiques, mais dans le recadrage : désencombrer non pas pour sa propre joie, mais comme un dernier acte de considération envers les personnes qui trieront votre succession.

La véritable colonne vertébrale intellectuelle du livre est l'économie comportementale déguisée en vulgarité. Presque chaque chapitre opérationnalise un biais cognitif documenté : le biais des coûts irrécupérables, l'aversion à la perte, l'effet de dotation, l'actualisation hyperbolique et la fatigue décisionnelle. L'auteur ne nomme jamais ces mécanismes, mais les prescriptions (rachetez-le si vous le regrettez, commencez par un tiroir, faites le calcul au mètre carré) sont précisément les interventions qu'un spécialiste des sciences comportementales recommanderait. Le mantra « un objet n'est pas un souvenir » est de la psychologie cognitive populaire qui se trouve être en accord avec la recherche sur la mémoire reconstructive.

Là où le livre transcende son genre, c'est dans la planification successorale administrative et numérique : le coffre-fort ignifugé, le gestionnaire de mots de passe, le contact légataire Facebook, la boîte à brûler. C'est un territoire véritablement utile et insuffisamment couvert que les guides successoraux sérieux traitent sans joie et que la plupart des livres de désencombrement ignorent.

Les limites sont à la fois tonales et conceptuelles. Le ton implacable d'amour vache suppose un lecteur qui réagit à la moquerie, aliénant ceux dont l'attachement provient d'un traumatisme ou d'un véritable trouble de l'accumulation compulsive — que le livre évoque sans pouvoir traiter. Son optimisme gagnant-gagnant surestime la fréquence à laquelle les objets indésirables trouvent des foyers reconnaissants. Et son honnêteté finale (vous continuerez à acheter) concède discrètement que le système qu'il diagnostique — l'acquisition sans fin de la société de consommation — est un système qu'il ne peut que gérer, jamais guérir.

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Résumé des avis

3.62 sur 5
Moyenne de 8 000+ évaluations de Goodreads et Amazon.

Nobody Wants Your Sht propose une approche directe et humoristique du désencombrement et du « ménage de la mort ». Les lecteurs apprécient ses conseils francs et motivants, les trouvant utiles pour s'attaquer à leur propre désordre. L'usage excessif de grossièretés et le caractère répétitif du livre sont critiqués par certains, tandis que d'autres apprécient le ton sans concession. De nombreux lecteurs ont trouvé la version audio particulièrement divertissante. Le livre souligne l'importance de désencombrer avant la mort pour éviter de peser sur ses proches et encourage les lecteurs à apprécier leurs possessions ou à s'en défaire.

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À propos de l'auteur

Messie Condo est l'auteure de « Nobody Wants Your Sht », un livre consacré au désencombrement et au « ménage de la mort ». Son style d'écriture se caractérise par une approche directe et humoristique, avec un usage généreux de grossièretés. L'œuvre de Condo est souvent comparée à la philosophie du désencombrement de Marie Kondo, certains lecteurs notant des similitudes dans les concepts et même dans le nom de l'auteure. Son livre s'inspire du concept suédois du ménage de la mort, adapté pour un public américain. Condo insiste sur l'importance de désencombrer avant la mort pour éviter de peser sur ses proches et encourage les lecteurs à apprécier leurs possessions ou à s'en défaire. Ses conseils directs et sans détour trouvent un écho chez de nombreux lecteurs en quête de motivation pour s'attaquer à leur désordre.

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