Points clés
1. La révélation directe et la puissance du Saint-Esprit sont indispensables
Si je ne prêchais pas sous l’inspiration, je ne sais pas comment je prêchais.
Une guidance divine. Le parcours de Charles Finney débuta par une rencontre profonde et personnelle avec le Saint-Esprit, qu’il considérait comme essentielle à sa conversion et à son ministère ultérieur. Il raconte un moment où « toute la question du salut évangélique s’ouvrit à mon esprit d’une manière des plus merveilleuses », suivi d’un « puissant baptême du Saint-Esprit » ressenti comme des « vagues d’amour liquide ». Cette connaissance directe et expérimentale de l’Esprit de Dieu devint le fondement de sa foi et de son œuvre.
Un ministère fortifié. Finney croyait fermement que l’onction du Saint-Esprit ne servait pas seulement à accomplir des miracles, mais à illuminer divinement, remplissant les ministres de foi, d’amour, de paix et de puissance. Il constatait que sans cette « onction divine », les ministres manquaient d’efficacité réelle, leurs paroles ne parvenant pas à toucher les cœurs. Sa propre prédication, souvent improvisée, reposait entièrement sur l’Esprit pour suggérer les textes et ouvrir les sujets, rendant ses sermons « d’une grande puissance auprès du peuple ».
Un impact personnel et public. L’influence de l’Esprit dépassait la chaire, guidant Finney dans ses relations personnelles et révélant la volonté de Dieu pour des lieux précis, comme Gouverneur. Il remarquait que sans « l’esprit de prière », il ne pouvait rien faire, se trouvant incapable de prêcher avec puissance ou de gagner des âmes. Cette dépendance constante au Saint-Esprit fut, pour Finney, la source ultime de son succès et de la puissance transformatrice observée lors des réveils.
2. La prière fervente est le moteur de tout véritable réveil
Les réponses à la prière se multipliaient si abondamment de toutes parts que personne ne pouvait échapper à la conviction que Dieu répondait à la prière jour et nuit.
Une intercession ardente. Finney soulignait sans cesse que la prière intense et persistante était la condition indispensable pour favoriser un réveil. Il observait de jeunes convertis si accablés pour les âmes qu’ils priaient « toute la nuit, jusqu’à ce que leur force physique fût complètement épuisée ». Cet esprit de prière profond, souvent douloureux, caractérisait les réveils qu’il dirigeait, créant une atmosphère où la présence de Dieu se faisait palpablement sentir.
Une foi spécifique et inébranlable. Les chrétiens étaient encouragés à prier en ayant des personnes précises en tête, s’appuyant sur des promesses telles que « Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre… cela leur sera accordé ». Finney lui-même connut des moments d’une telle insistance dans la prière qu’il disait à Dieu : « Je ne peux pas, et ne veux pas, être refusé », certain que la fidélité divine rendait impossible un refus. Cette foi inébranlable dans les promesses de Dieu était cruciale pour voir des percées.
Surmonter les obstacles par la prière. Face aux difficultés, comme le déclin du zèle chez les anciens membres ou l’opposition extérieure, les chrétiens se tournaient vers la prière. Finney relate comment un « esprit de prière fut immédiatement répandu de manière merveilleuse sur les jeunes convertis » à Adams, conduisant à un réveil puissant malgré la résistance initiale. Cet engagement collectif et individuel dans la prière était perçu comme le moyen principal par lequel Dieu levait les obstacles et faisait avancer son œuvre.
3. Une prédication directe, simple et familière suscite une décision immédiate
Les grands sermons amènent le peuple à louer le prédicateur. La bonne prédication amène le peuple à louer le Sauveur.
Un langage accessible. Le style de prédication de Finney rompait radicalement avec la rhétorique formelle et élevée courante chez les ministres de son époque. Il utilisait délibérément « le langage du peuple », puisant ses illustrations dans la vie quotidienne des fermiers et artisans, plutôt que dans l’histoire ancienne. Son but n’était pas de cultiver un « style élevé », mais de se faire « comprendre » et d’obtenir un verdict immédiat pour Christ.
Une franchise assumée. Les ministres critiquaient souvent Finney pour son approche « d’avocat à la barre », pour son usage du « tu » au lieu du « ils », et pour son langage simple et appuyé sur « l’enfer ». On l’accusait de « trop blâmer le peuple » et de diminuer la « dignité de la chaire ». Pourtant, Finney défendait sa méthode, arguant que si les avocats adoptaient une telle approche indirecte, ils « se ruineraient eux-mêmes et leur cause », insistant sur la nécessité d’appels directs et urgents à l’action.
Spontanéité et puissance. Finney écrivait rarement ses sermons, s’appuyant plutôt sur le Saint-Esprit pour inspirer son message. Il disait : « Je remplis mon esprit, puis je vais le déverser devant le peuple. » Cette improvisation, combinée à son adresse directe, produisait souvent une conviction puissante, avec des juges, avocats et hommes instruits convertis « par dizaines », ce qui était rare avec des méthodes plus traditionnelles. Il croyait que « l’exhortation passionnée d’un simple prédicateur peut souvent émouvoir une assemblée bien au-delà de ce que peuvent faire ces splendides démonstrations de rhétorique ».
4. Dieu triomphe de toute opposition à son œuvre
Mais Dieu m’a assuré qu’ils ne pourraient pas me faire taire.
Une résistance généralisée. Finney fit face à une opposition importante venant de divers horizons :
- Sceptiques et universalistes : Ils se moquaient ouvertement de lui et le menaçaient.
- Ministres établis : Ils critiquaient ses « nouvelles méthodes », son style de prédication, et l’accusaient même de promouvoir un « esprit de mensonge ».
- Membres jaloux de l’église : Ils résistaient aux nouveaux mouvements parmi les jeunes convertis.
- Préjugés sociaux : Opposition à la parole publique des femmes et aux positions abolitionnistes.
Une assurance divine. Malgré ces défis, Finney gardait une paix profonde et une confiance enracinée dans une vision où Dieu lui assurait qu’« aucune opposition ne prévaudrait contre moi ». Il se rappelait Jérémie 20:7-12, trouvant réconfort dans l’expérience du prophète face à la persécution et à la vindication divine. Cette conviction intérieure lui permettait de rester « parfaitement calme » et « jamais troublé ».
Des retournements inattendus. Dieu intervenait souvent de manière spectaculaire pour faire taire l’opposition :
- Un comité envoyé pour enquêter sur Finney fut bloqué par la neige et ne put atteindre la réunion.
- Un ministre qui s’était violemment opposé au réveil fut retrouvé mort le lendemain matin.
- Le chef des jeunes opposants au réveil à Gouverneur fut converti en une semaine, comme l’avait prédit le père Nash.
- Des hommes riches qui avaient formé une nouvelle congrégation à Auburn par opposition invitèrent plus tard Finney à prêcher chez eux, ce qui mena à leur conversion.
5. La vraie conversion exige une consécration immédiate et totale
Tout ce qui était nécessaire de ma part était mon propre consentement à abandonner mes péchés et à accepter Christ.
Un abandon sans réserve. Finney enseignait que le salut n’était pas un état passif, mais une décision active et volontaire de « tout lui abandonner — corps, âme, biens — pour être à jamais utilisés à sa gloire ». Il affirmait sans équivoque que « le seul obstacle était leur propre volonté obstinée », et que Dieu cherchait leur « consentement sans réserve » pour renoncer au péché et accepter Christ.
Une action immédiate. Les pécheurs n’étaient jamais invités à « attendre le temps de Dieu » ou à espérer la conversion en restant passifs. Au contraire, on les pressait de faire de la soumission à Dieu un « devoir immédiat ». Le « siège anxieux » fut introduit pour offrir une occasion publique aux individus de « renoncer à leurs péchés et de se donner à Dieu », s’engageant publiquement au service du Christ.
Les conséquences du retard. Finney illustrait le danger de différer la soumission par le cas d’un magistrat qui, pour des raisons politiques, reporta sa décision. Dès ce moment, Finney perdit « l’esprit de prière pour lui », et l’homme devint finalement un sceptique endurci, mourant « en ruine ». Cela soulignait l’urgence d’un abandon immédiat et total.
6. Les réveils ne sont pas miraculeux, mais le fruit des moyens justes
L’œuvre de conversion est suspendue, et nous ne savons pas qu’une conversion ait eu lieu depuis six semaines, et vous connaissez la raison.
Cause et effet. Finney considérait les réveils non comme des événements mystérieux et imprévisibles, mais comme le « résultat naturel de l’usage correct des moyens ». Il croyait que lorsque les chrétiens employaient des méthodes spécifiques, divinement ordonnées — telles que la prière fervente, la prédication simple et la conversation personnelle — Dieu répondait par un déversement de son Esprit. À l’inverse, il constatait que lorsque ces moyens étaient négligés ou mal employés, l’œuvre s’arrêtait.
Identifier les obstacles. Finney savait discerner ce qui freinait la progression d’un réveil. À Gouverneur, lorsqu’un pasteur baptiste faisait du prosélytisme et arrêtait les conversions pendant six semaines, Finney aborda directement le problème, non en condamnant le pasteur, mais en offrant une exposition biblique claire sur le baptême. L’unité fut restaurée, « l’esprit de prière revint, et le réveil reprit ».
Une application stratégique. L’approche de Finney était très stratégique :
- Réunions d’enquête : Offraient un enseignement adapté à ceux sous conviction.
- Sermons ciblés : Combattant des erreurs spécifiques (unitarisme, universalisme) ou des déficiences spirituelles dans l’église.
- Ajustements environnementaux : Arrêter une usine pour permettre aux ouvriers de s’occuper de leur âme, ou adapter les formats de réunion pour surmonter des coutumes « ridicules et répulsives ».
7. Une vie chrétienne plus haute et plus stable (la sanctification) est accessible
J’étais convaincu que la doctrine de la sanctification dans cette vie, et de la sanctification entière, dans le sens où il était le privilège des chrétiens de vivre sans péché connu, était une doctrine enseignée dans la Bible et que des moyens abondants étaient fournis pour atteindre cet état.
Au-delà de la conversion initiale. Finney devint profondément insatisfait de son propre « manque de stabilité dans la foi et l’amour » et de la tendance des anciens membres à « retomber d’un état de réveil ». Cela le conduisit à s’interroger sérieusement sur l’existence d’une vie chrétienne « plus haute et plus durable », un état de « paix ininterrompue » et de vie « sans péché connu », qu’il croyait être le privilège de tous les chrétiens.
Une transformation personnelle. Cette quête le mena à une expérience personnelle profonde, un « brisement complet » et un « nouveau baptême de son Esprit », où il se surprit à pleurer à haute voix en contemplant ses péchés et l’amour de Dieu. Il décrivit cela comme un « immense retour à son premier amour », un sentiment d’être « uni à Christ » d’une manière nouvelle, et une « liberté religieuse, une allégresse et une joie en Dieu ».
Les conséquences de la consécration. Cette consécration plus profonde impliquait de tout abandonner à la volonté de Dieu, même son épouse malade, sans réserve. Cela conduisit à une « parfaite tranquillité » d’esprit, où la pensée d’être perdu ne le troublait pas, et ses prières étaient « englouties » dans un « Que ta volonté soit faite ». Cette expérience transforma sa prédication, lui permettant de déverser « la plénitude que mon âme voit en Christ ».
8. Le véritable repentir conduit à la restitution pratique et à la transformation
Je refusai catégoriquement de faire un compromis avec elle, et insistai pour qu’elle fasse restitution dans tous les cas où elle pouvait, par quelque moyen que ce soit, rappeler les faits.
Une action dictée par la conscience. Finney observa que la véritable conviction de péché menait souvent à un puissant désir de restitution pratique. Il relata de nombreux cas où des personnes, troublées par leur conscience, faisaient restitution, parfois pour « plusieurs milliers de dollars », d’argent obtenu par fraude ou par « des manœuvres égoïstes ». Cela démontrait que le repentir authentique n’était pas seulement un état émotionnel, mais un appel à réparer les torts.
Le parcours d’une jeune femme. Un exemple frappant fut celui d’une jeune femme à New York, qui avait une habitude de vol depuis toujours. Finney insista pour qu’elle « rende ce qu’elle avait pris et fasse confession à ceux qu’elle avait volés ». Malgré ses réticences initiales et les réactions des autres (certains la prenaient pour une « folle », d’autres pour une « idiote »), ses profondes convictions la poussèrent à faire restitution pour d’innombrables objets, y compris un Testament volé des années auparavant.
Une humilité et une paix profondes. Ce processus, bien que douloureux, conduisit à une « humilité profonde, une connaissance d’elle-même et de sa propre dépravation, un brisement de cœur et un repentir d’esprit, et enfin une foi, une joie, un amour et une paix semblables à un fleuve ». Sa transformation fut si évidente qu’elle devint « l’une des jeunes chrétiennes les plus charmantes » que Finney ait connues, montrant que l’obéissance pratique à la conscience était essentielle à la paix spirituelle.
9. Les réveils entraînent des changements moraux et sociaux profonds
Le changement dans l’ordre, la sobriété et la moralité de la ville fut merveilleux.
Une transformation communautaire. Finney fut témoin de la manière dont les réveils modifiaient radicalement le paysage moral de communautés entières. À Rochester, « jeune ville pleine d’initiative et d’entreprise, mais aussi de péché », la conversion de « la grande masse des personnes les plus influentes » provoqua un changement « merveilleux » dans son « ordre, sa sobriété et sa moralité ». Cet impact étendu témoignait de la puissance pénétrante du Saint-Esprit.
L’impact sur des groupes spécifiques :
- Les bûcherons : En Pennsylvanie du Nord, des milliers de bûcherons peu instruits, vivant dans des cabanes isolées, furent convertis, donnant lieu à un réveil qui s’étendit sur quatre-vingts milles, presque indépendamment du ministère.
- Les ouvriers d’usine : À New York Mills, un sermon suscita une telle conviction que le propriétaire arrêta l’usine, permettant à presque tous les ouvriers d’être convertis en quelques jours.
- Les sceptiques et opposants : Beaucoup qui se moquaient ou s’opposaient activement aux réveils, y compris des déistes, des hôteliers, et même un homme menaçant sa femme avec un poignard, furent puissamment convertis, devenant des chrétiens sincères.
Des implications pour la justice sociale. L’engagement de Finney pour la justice sociale, notamment l’abolition de l’esclavage, était également manifeste. Il « le dénonçait » dans ses prédications, même lorsque cela provoquait des émeutes et la destruction d’un bâtiment d’église destiné au culte mixte. Il croyait que le vrai christianisme devait s’attaquer aux injustices sociales, et les réveils donnaient souvent aux gens la force de prendre position sur ces questions.
10. Les chrétiens laïcs, en particulier les femmes, sont essentiels au réveil
Hommes et femmes entreprenaient ce travail.
Valoriser les croyants ordinaires. Les réveils de Finney se caractérisaient par l’implication active des chrétiens laïcs, qui n’étaient pas de simples spectateurs, mais des acteurs engagés dans la diffusion de l’Évangile. Il les encourageait à :
- Engager la conversation personnelle : « Je sortais de mon bureau pour parler avec ceux que je rencontrais de leur âme. »
- Animer des réunions de prière : Les jeunes convertis à Hartford organisaient spontanément et multipliaient les réunions de prière après les cultes.
- Distribuer des invitations : Les membres de l’église à New York portaient « de petits bouts de papier » de maison en maison pour inviter aux réunions.
Le rôle crucial des femmes. Les femmes jouaient un rôle particulièrement important et souvent pionnier dans les réveils de Finney, malgré les préjugés sociaux contre leur implication publique.
- Mme Finney : Elle établit des réunions de prière féminines très efficaces à Hartford et Syracuse, qui devinrent une « force principale » pour promouvoir l’œuvre. Elle commença aussi à parler lors de « réunions de thé » pour femmes peu instruites en Angleterre, malgré la crainte initiale des préjugés.
- Maria S. (Stephentown) : Ses prières persistantes et pleines de larmes devant la chambre de Finney furent un catalyseur pour un réveil puissant.
- Mère Austin (Syracuse) : Femme pauvre et peu instruite, dont la « foi la plus remarquable » et la confiance en Dieu inspiraient tous ceux qui la connaissaient.
Briser les barrières traditionnelles. La volonté de Finney de donner pouvoir aux laïcs, quel que soit leur rang social, leur éducation ou leur sexe, fut un facteur clé du succès étendu de ses réveils. Il reconnaissait que l’Esprit de Dieu pouvait agir puissamment à travers quiconque se consacrait pleinement à sa volonté.
Résumé des avis
L'Autobiographie de Charles G. Finney reçoit des avis partagés (3,84/5). Ses défenseurs saluent sa vie de prière, sa dépendance au Saint-Esprit et sa passion pour l'évangélisation, trouvant son récit à la fois inspirant et stimulant. Ses détracteurs pointent du doigt sa théologie controversée, notamment ses positions semi-pélagiennes rejetant le péché originel et la dépravation totale, ses techniques de manipulation émotionnelle et son style d'écriture autopromotionnel. Plusieurs lecteurs soulignent que cette version abrégée omet des discussions théologiques importantes ainsi que des passages répétitifs. Beaucoup reconnaissent l'influence considérable de Finney sur l'évangélisme et le révivalisme américains, mais les opinions divergent fortement quant à savoir si son impact a été bénéfique ou problématique pour l'orthodoxie chrétienne.
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