Points clés
1. Le ministère sans précédent de Spurgeon : une vie marquée par l’impact de l’Évangile
Jamais un homme ne s’est tenu dans une chaire, semaine après semaine, année après année, pendant près de quarante ans, pour prêcher l’Évangile avec un succès mondial et un impact durable comparables à ceux de Spurgeon.
Un prodige de la prédication. Charles Haddon Spurgeon (1834–1892) s’est imposé comme le prédicateur le plus éminent de son siècle, voire de tous les siècles, à partir d’une conversion humble à l’âge de quinze ans. Son ministère débuta dans une petite église de village, à Waterbeach, où son extraordinaire puissance fit rapidement passer la congrégation de quarante à plus de cent membres en seulement deux ans. Cette ascension fulgurante le conduisit bientôt à la plus grande église baptiste particulière de Londres, la New Park Street Chapel, alors qu’il n’avait que dix-neuf ans.
Une croissance et une influence sans égal. Sous la prédication de Spurgeon, la New Park Street Chapel connut une croissance explosive, nécessitant des déménagements vers des lieux plus vastes comme Exeter Hall puis le Royal Surrey Gardens Music Hall, pouvant accueillir douze mille personnes. Malgré un tragique incident de bousculade au Music Hall, le ministère de Spurgeon continua de prospérer, menant à la construction du Metropolitan Tabernacle, la plus grande maison de culte protestante au monde. Ses sermons, publiés chaque semaine sous le nom de « Penny Pulpit », atteignaient des millions de lecteurs à travers le globe, traduits en quarante langues, faisant de lui le prédicateur le plus lu de l’histoire.
Un héritage d’engagement inébranlable. Au-delà de la chaire, Spurgeon fonda le Pastors’ College, la Metropolitan Colportage Association et des orphelinats, témoignant d’un engagement global pour l’avancement de l’Évangile. Il affronta une opposition farouche et des controverses théologiques, notamment la « Downgrade Controversy », mais resta ferme dans ses convictions jusqu’à sa mort à cinquante-sept ans. Sa vie, marquée par un zèle infatigable pour l’Évangile et une focalisation constante sur Christ, laissa une empreinte indélébile sur le christianisme évangélique, ses œuvres rassemblées constituant le plus grand projet d’édition jamais réalisé par un seul auteur dans l’histoire chrétienne.
2. La Parole infaillible : l’unique autorité pour proclamer la vérité
Ce volume est l’écriture du Dieu vivant ; chaque lettre a été tracée par un doigt tout-puissant ; chaque mot en est tombé des lèvres éternelles ; chaque phrase a été dictée par le Saint-Esprit.
Origine divine et vérité absolue. Tout le ministère de Spurgeon reposait sur le roc imprenable de la Bible, Parole de Dieu inspirée, infaillible et autoritaire. Il croyait que lorsque la Bible parle, Dieu parle, et que par conséquent, chaque mot est pur, vrai et incontestable. Cette conviction impliquait que ses croyances, y compris les doctrines de la grâce souveraine, s’enracinent exclusivement dans les Écritures, non dans les traditions humaines ou l’autorité d’hommes tels que Calvin.
Le guide inébranlable du prédicateur. Pour Spurgeon, tout prédicateur doutant de l’inspiration divine des Écritures perdait instantanément la véritable autorité nécessaire à la proclamation de l’Évangile. Il considérait la Bible comme une « veine d’or pur, non alliée au quartz », une « étoile sans tache », contenant « toute sagesse sans la moindre folie ». Cette foi ferme en l’inerrance renforçait sa prédication, car il comprenait qu’un livre faillible ne valait pas la peine d’être prêché, et qu’un livre pur seul contenait le message parfait du salut.
Étude assidue et proclamation fidèle. L’engagement de Spurgeon envers la Bible exigeait une étude rigoureuse, malgré son absence de formation formelle. Il exhortait ses étudiants à « maîtriser leurs Bibles », convaincu que la profondeur d’un ministre dans la Parole déterminait l’étendue de son ministère. Il se voyait comme un simple canal du message divin, non comme un éditeur, veillant à ce que la vérité de l’Évangile, y compris la grâce souveraine, soit transmise exactement comme Dieu l’avait écrite, sans altération ni compromis.
3. La grâce souveraine : le fondement inébranlable de l’Évangile
Il n’y a pas de prédication de Christ crucifié sans prêcher ce que l’on appelle aujourd’hui le calvinisme. C’est un surnom que de l’appeler calvinisme ; le calvinisme est l’Évangile et rien d’autre.
Le calvinisme comme Évangile. Spurgeon affirmait avec force que les doctrines de la grâce souveraine — la dépravation totale, l’élection inconditionnelle, l’expiation définitive, la grâce irrésistible et la persévérance des saints — n’étaient pas de simples préférences théologiques, mais l’essence même de l’Évangile. Il considérait ces vérités, souvent moquées sous le nom de « calvinisme », comme « assurément la vérité révélée de Dieu telle qu’elle est en Christ Jésus », et qu’un calvinisme robuste était le besoin urgent de son époque.
L’incapacité totale de l’homme et le choix souverain de Dieu. Spurgeon commençait par la dépravation totale de l’homme, affirmant que le péché infecte fatalement chaque partie de chaque personne, rendant la volonté humaine « désespérément portée au mal » et incapable de choisir Dieu sans intervention surnaturelle. De là, il déduisait logiquement l’élection inconditionnelle, le choix éternel de Dieu quant à ceux qu’Il sauverait, non fondé sur une foi prévue, mais sur la prédestination divine. Il insistait pour que cette vérité, « écrite dans la Parole de Dieu comme avec un stylet de fer », soit prêchée, car elle est « la force motrice d’un ministère évangélique ».
L’œuvre victorieuse du Christ et l’appel efficace de l’Esprit. Spurgeon défendait l’expiation définitive, croyant que Christ est mort exclusivement pour les élus, assurant leur salut, plutôt que de simplement rendre le salut possible. Il voyait la mort du Christ comme un acte triomphant, non frustré. Cela s’accompagnait de la grâce irrésistible, où le Saint-Esprit conduit infailliblement les élus à la foi, conquérant même les cœurs les plus rebelles. Enfin, la persévérance des saints lui assurait que les vrais croyants ne tomberaient jamais, une doctrine si vitale qu’elle était « un appât auquel mon âme ne pouvait résister » et un « maillon nécessaire dans la chaîne d’or indestructible du salut ».
4. Un évangélisme ardent : inviter tous à Christ avec urgence
Si les pécheurs doivent être damnés, qu’ils sautent en enfer par-dessus nos corps.
Un appel équilibré et urgent. Spurgeon sut habilement concilier la souveraineté divine et la responsabilité humaine, affirmant qu’il n’avait jamais eu à réconcilier des « amis » que Dieu avait unis. Il rejetait vigoureusement l’hyper-calvinisme, qui négligeait les appels pressants aux pécheurs, insistant sur le fait que « gagner des âmes est la principale affaire du ministre chrétien ». Son évangélisation se caractérisait par une approche passionnée et multiforme, visant à amener chaque auditeur à Christ.
Des proclamations audacieuses et des invitations ouvertes. Il prêchait sans relâche « tout l’Évangile », sans en atténuer les vérités, convaincu qu’il s’agissait de la « puissance de Dieu pour le salut ». Ses sermons regorgeaient d’invitations ouvertes, utilisant des mots comme « Venez » pour appeler tous les pécheurs, quel que soit leur état, à embrasser Christ. Il critiquait les invitations timides et l’excès d’insistance sur la loi, soulignant que « les portes du ciel ne sont pas simplement entrouvertes, elles sont grandes ouvertes nuit et jour ».
Des appels tendres, un raisonnement solide et des avertissements sévères. Le cœur de Spurgeon se brisait pour les perdus, ce qui le conduisait à des appels tendres et compatissants, souvent en larmes pour les pécheurs. Il employait un raisonnement solide pour démanteler les excuses des incrédules, répondant aux objections sur la culpabilité, l’incapacité et la procrastination, les exhortant à « détourner leur regard d’eux-mêmes vers Christ ». Enfin, il lançait des ordres autoritaires de repentir et de foi, accompagnés d’avertissements sévères sur la damnation éternelle imminente, non pour effrayer sans raison, mais pour pousser les pécheurs à Christ pour le salut.
5. L’harmonie de la vérité : le calvinisme, moteur de l’évangélisation
Je n’ai jamais eu à réconcilier des amis. La souveraineté divine et la responsabilité humaine ne se sont jamais opposées. Je n’ai pas besoin de réconcilier ce que Dieu a uni.
Pas de conflit, seulement une synergie. Pour Spurgeon, les doctrines de la grâce souveraine et l’évangélisation fervente n’étaient pas contradictoires, mais parfaitement harmonieuses, deux faces d’une même pièce biblique. Il considérait sa théologie réformée non comme un obstacle, mais comme un « tremplin pour l’évangélisation », fournissant la confiance et la puissance nécessaires pour prêcher efficacement l’Évangile. Cette conviction lui permettait d’être à la fois « fermement calviniste et passionnément évangéliste ».
Confiance dans l’amour élu de Dieu. La foi de Spurgeon en l’élection inconditionnelle alimentait son zèle évangélique, sachant que Dieu avait un peuple qu’Il amènerait sûrement à Lui. Il déclarait : « Parce que beaucoup sont destinés à être pris, je tends mes filets avec une attente impatiente. » Cette assurance signifiait que ses efforts n’étaient jamais vains, car l’Esprit attirerait infailliblement les élus à Christ, rendant ses appels évangéliques victorieux.
Un Évangile complet pour un monde désespéré. L’engagement de Spurgeon envers le « conseil entier de Dieu » l’empêchait de rejeter une vérité au profit d’une autre. Il prêchait la dépravation totale pour souligner le besoin désespéré de l’homme, et l’expiation définitive pour magnifier l’œuvre accomplie du Christ. La grâce irrésistible lui donnait le courage que les cœurs seraient conquis, et la persévérance des saints offrait l’assurance aux croyants. Cette théologie intégrée offrait un message robuste et puissant qui résonnait profondément et conduisait à d’innombrables conversions, démontrant que le calvinisme biblique occupe la position dominante tant dans le message que dans le ministère.
6. Christ crucifié et exalté : le centre unique de chaque message
Le corps de la divinité auquel je voudrais m’attacher et me lier pour toujours, Dieu m’aidant, c’est … Christ Jésus, qui est le résumé et la substance de l’Évangile ; qui est en Lui-même toute la théologie, l’incarnation de chaque précieuse vérité, l’incarnation personnelle toute glorieuse de la voie, de la vérité et de la vie.
L’Alpha et l’Oméga de la prédication. Pour Spurgeon, Christ était le « cœur de l’Évangile », le « sertissage de diamant de chaque sermon » et le « grand thème universel » de son ministère. Il affirmait célèbrement : « Si je prêchais un sermon sans Christ, il viendrait. Ah, il ne viendra jamais tant que cette langue bougera. » Un sermon sans Christ, croyait-il, était une « chose affreuse, horrible », un « puits vide » dépourvu de pouvoir salvateur.
Le Dieu-homme, sans péché et suffisant. Spurgeon magnifiait la personne glorieuse de Christ, le proclamant Dieu-homme, co-égal et co-éternel avec le Père, tout en étant pleinement humain et parfaitement sans péché. Il soulignait que la divinité absolue de Christ était essentielle pour l’expiation, car seul un Sauveur divin pouvait délivrer de la colère infinie. Son humanité sans péché garantissait son obéissance parfaite, faisant de Lui l’Agneau sans tache capable de porter les péchés de son peuple.
Mort victorieuse, résurrection et exaltation. Le cœur de l’Évangile de Spurgeon était la mort vicariante et substitutionnelle de Christ, où Jésus devint « l’iniquité de tout son peuple », accomplissant une expiation parfaite. Cela fut confirmé par sa résurrection corporelle, « pierre angulaire de la doctrine chrétienne », garantissant l’acceptation par le Père de son sacrifice et lavant les croyants de toute accusation. Enfin, Spurgeon proclamait l’exaltation de Christ à la droite du Père, exigeant une soumission humble à ce Seigneur régnant, car « vous ne pouvez avoir Christ pour Sauveur sans aussi l’avoir pour Seigneur ».
7. Le Saint-Esprit : la puissance essentielle pour sauver les âmes
À moins que le Saint-Esprit ne bénisse la Parole, nous qui prêchons l’Évangile sommes les plus misérables des hommes, car nous avons tenté une tâche impossible.
Une dépendance désespérée à la puissance divine. Spurgeon commençait chaque sermon par une confession silencieuse : « Je crois au Saint-Esprit », reconnaissant son besoin urgent de la puissance de l’Esprit. Il comprenait que sans le Saint-Esprit, la prédication de l’Évangile était une « tâche impossible », car aucune capacité humaine ne pouvait renouveler les cœurs, régénérer les âmes ou faire pénétrer la vérité. Il exhortait les prédicateurs à « dépendre entièrement de l’Esprit de Dieu » et à prier pour son « onction sacrée ».
Éclairage, sagesse et passion ardente. Le Saint-Esprit, croyait Spurgeon, éclairait d’abord son esprit pour comprendre l’Évangile dans son étude, rendant la Bible spirituellement compréhensible. Il accordait ensuite la sagesse divine pour présenter l’Évangile avec équilibre, évitant toute déformation et choisissant les vérités appropriées pour les bonnes personnes. Surtout, l’Esprit enflammait une « passion sainte » en lui, faisant brûler l’Évangile « comme un feu dans ses os », transformant sa prédication d’un simple discours en une « agonie pour les hommes » et un « état d’esprit dévotionnel ».
Une proclamation convaincante et une profonde conviction. L’Esprit rendait la proclamation de Spurgeon captivante, ouvrant sa bouche pour parler avec puissance, guidant ses mots et son ton afin de « pénétrer profondément les âmes de ses auditeurs ». Il croyait que l’Esprit lui donnait une concentration intense, maîtrisant les pensées périphériques et captivant l’esprit de ses auditeurs. En fin de compte, c’était le Saint-Esprit qui suscitait la conviction et l’illumination dans les cœurs non convertis, brisant leur résistance et faisant germer la semence de l’Évangile. Spurgeon attribuait chaque conversion et chaque succès à la puissance souveraine de l’Esprit, aspirant à un déversement encore plus grand.