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Storytelling avec vous données

Storytelling avec vous données

exercices et mises en situation
par Cole Nussbaumer Knaflic 2019 448 pages
4.47
179 évaluations
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Points clés

1. Le contexte avant tout : définissez qui, quoi et comment avant de visualiser

Avant de vous lancer dans la création d’une visualisation ou d’une communication de données, il est essentiel de consacrer du temps et de l’attention à la compréhension du contexte qui motive cette communication.

Commencez par le but. Une visualisation de données efficace ne débute pas avec les données elles-mêmes, mais avec une compréhension claire du contexte de votre communication. Cela implique de distinguer l’analyse exploratoire (à la recherche d’insights) de l’analyse explicative (qui vise à expliquer des insights précis). Lorsque vous communiquez, visez toujours l’explicatif, en ne présentant que les « perles » de vos découvertes, et non les 100 « huîtres » de votre exploration.

Définissez votre public et votre objectif. Il est crucial d’identifier qui est votre audience et ce que vous souhaitez qu’elle sache ou fasse. Plus vous serez précis sur votre public (par exemple, un comité budgétaire versus des parents), mieux vous pourrez adapter votre message. Votre objectif doit être un appel clair à l’action ou une compréhension spécifique que vous voulez transmettre. Ce n’est qu’une fois ces éléments clarifiés que vous pourrez envisager comment les données peuvent soutenir votre propos, en servant de preuves à votre récit.

Formulez votre grande idée. Pour garantir la clarté, articulez une « histoire de 3 minutes » et une « grande idée ». L’histoire de 3 minutes est un résumé concis de votre message, tandis que la grande idée le condense en une phrase complète qui exprime votre point de vue unique et ce qui est en jeu. Le storyboarding, avec des méthodes simples comme des Post-it, aide à structurer votre narration avant de vous plonger dans un logiciel, ce qui fait gagner du temps et évite de s’attacher à des designs précoces potentiellement imparfaits.

2. Choisissez le bon visuel : sélectionnez des représentations efficaces pour vos données

La réponse est toujours la même : ce qui sera le plus facile à lire pour votre audience.

La simplicité l’emporte souvent. Lorsque vous n’avez qu’un ou deux chiffres à transmettre, un simple texte peut être plus percutant qu’un graphique ou un tableau complexe. Par exemple, dire « 20 % des enfants avaient une mère au foyer traditionnelle en 2012, contre 41 % en 1970 » est plus clair qu’un graphique à barres minimaliste pour seulement deux valeurs. Les tableaux sont excellents pour des publics mixtes qui ont besoin de points de données précis ou pour afficher plusieurs unités de mesure, mais ils doivent être conçus avec des bordures légères ou des espaces blancs pour laisser les données s’exprimer.

Les graphiques pour des insights rapides. Les graphiques sollicitent notre système visuel, qui traite l’information plus rapidement que notre système verbal. Les types de graphiques les plus courants et efficaces se répartissent en quatre catégories :

  • Points : Les nuages de points montrent les relations entre deux variables.
  • Lignes : Les graphiques en lignes conviennent aux données continues, notamment dans le temps, et les graphiques en pente illustrent efficacement les changements relatifs entre deux points.
  • Barres : Les graphiques à barres sont polyvalents pour les données catégorielles, faciles à lire, et doivent toujours partir d’une base zéro pour éviter les comparaisons trompeuses. Les barres horizontales sont particulièrement adaptées aux noms de catégories longs.
  • Aires : Généralement à éviter en raison de la difficulté d’interprétation quantitative, sauf pour les graphiques à aire carrée quand on visualise des ordres de grandeur très différents.

Testez la clarté. En choisissant un visuel, demandez-vous toujours : « Quelle est la meilleure façon de montrer les données que je veux communiquer ? » Le test ultime consiste à montrer votre visuel à un ami ou collègue et à observer son processus d’interprétation. Leurs retours sur ce qu’ils regardent en premier, ce qu’ils perçoivent et les questions qu’ils se posent révéleront si votre visuel transmet efficacement votre message.

3. Éliminez le superflu : réduisez la charge cognitive de votre audience

Chaque élément ajouté à la page ou à l’écran sollicite la charge cognitive de votre audience — autrement dit, leur capacité mentale pour traiter l’information.

Minimisez l’effort inutile. Le désordre visuel désigne les éléments qui occupent de l’espace sans améliorer la compréhension, générant une charge cognitive superflue. Cet effort mental inutile peut rendre vos visuels trop complexes, risquant de décourager votre audience. L’objectif est de maximiser le « ratio encre-données » ou le « rapport signal/bruit », en veillant à ce que chaque élément ait une fonction claire et informative.

Exploitez les principes de Gestalt. Les principes de la perception visuelle de Gestalt expliquent comment les gens organisent naturellement l’information visuelle, offrant des pistes pour identifier et éliminer le désordre :

  • Proximité : Les objets proches sont perçus comme un groupe.
  • Similarité : Les objets aux attributs similaires (couleur, forme) sont regroupés.
  • Enclosure (enfermement) : Les objets entourés sont vus comme un groupe.
  • Fermeture : Notre cerveau complète les formes incomplètes.
  • Continuité : Nos yeux suivent le chemin le plus fluide.
  • Connexion : Les objets reliés sont perçus comme un groupe.
    Appliquer ces principes aide à épurer le design ; par exemple, supprimer les bordures des graphiques (fermeture) ou les lignes de grille (continuité) permet aux données de mieux ressortir.

Privilégiez l’ordre visuel. Un design réfléchi se fait discret, tandis qu’un manque d’ordre visuel crée une gêne. Veillez à aligner les éléments pour créer des lignes nettes, évitez le texte centré qui peut paraître négligé. Utilisez l’espace blanc de manière stratégique ; il est aussi important que les pauses dans un discours, attirant l’attention sur ce qui n’est pas vide. Évitez un contraste non maîtrisé : trop d’éléments différents empêchent toute mise en valeur, rendant votre « faucon » indistinct dans un « ciel plein de pigeons ».

4. Orientez l’attention : guidez le regard de votre audience avec les attributs préattentifs

Les attributs préattentifs sont des outils essentiels dans votre boîte à outils de design visuel, nous y reviendrons bientôt.

Exploitez la mémoire iconique. Notre mémoire iconique traite l’information visuelle extrêmement rapidement, sans effort conscient, et est très sensible aux « attributs préattentifs ». Ces attributs nous permettent de repérer rapidement les différences dans notre environnement, un mécanisme de survie que l’on peut utiliser pour diriger l’attention de l’audience. Par exemple, changer la couleur d’un chiffre le rend immédiatement visible, montrant comment ces attributs facilitent et accélèrent le traitement de l’information.

Usage stratégique des attributs. Les attributs préattentifs comme la taille, la couleur et la position sur la page sont des outils puissants lorsqu’ils sont utilisés avec parcimonie et stratégie. Ils remplissent deux fonctions principales :

  • Diriger le focus : guider le regard vers les parties les plus importantes de votre visuel.
  • Créer une hiérarchie : établir un ordre visuel indiquant comment l’information doit être traitée (ce qu’il faut regarder en premier, en second, etc.).
    En faisant ressortir certains éléments et en reléguant d’autres en arrière-plan, vous donnez des instructions implicites à votre audience, rendant vos visuels scannables en 3 à 8 secondes, le temps moyen que l’on consacre à décider de s’engager.

Attributs clés pour l’emphase :

  • Taille : Les éléments plus grands indiquent une plus grande importance. Veillez à ce que les éléments d’importance égale aient une taille similaire.
  • Couleur : Utilisée avec modération, la couleur est l’un des outils les plus puissants. Travaillez en nuances de gris et utilisez une couleur vive unique pour mettre en avant l’information clé. Soyez attentif au daltonisme (évitez le rouge/vert) et aux connotations culturelles.
  • Position sur la page : Les lecteurs scannent généralement de haut en bas et de gauche à droite en formant un « Z ». Placez l’information la plus importante dans cette zone privilégiée.
    Faites toujours des choix de design intentionnels ; ne laissez pas les réglages par défaut dicter votre mise en valeur.

5. Pensez comme un designer : appliquez les principes d’affordance, d’accessibilité et d’esthétique

Les gens perçoivent les designs esthétiques comme plus faciles à utiliser, qu’ils le soient réellement ou non.

Concevez pour une utilisation intuitive. « La forme suit la fonction » est un principe fondamental du design : commencez par définir ce que vous voulez que votre audience fasse avec les données, puis créez une visualisation qui facilite cette action. Cela implique d’exploiter les « affordances » — des aspects du design qui rendent l’usage évident. En visualisation de données, cela signifie mettre en avant l’information importante, éliminer les distractions et créer une hiérarchie visuelle claire, pour que votre audience comprenne instinctivement comment interagir avec votre visuel.

Assurez une accessibilité large. Un design accessible signifie que vos visuels sont utilisables par des personnes aux capacités et compétences techniques variées. Évitez la complexité excessive : les recherches montrent que si quelque chose a l’air difficile à lire, il est perçu comme plus difficile à comprendre. Utilisez des polices lisibles et cohérentes, gardez vos visuels épurés, et employez un langage simple en définissant tout jargon. La responsabilité incombe au designer de rendre le graphique compréhensible, pas à l’audience de le déchiffrer.

Valorisez l’esthétique. « Rendre joli » est crucial car un design esthétique est perçu comme plus facile à utiliser, mieux accepté, et peut même favoriser la tolérance aux petites imperfections. Pour un design esthétique :

  • Soyez judicieux avec la couleur : utilisez-la avec parcimonie et à bon escient.
  • Soignez l’alignement : créez des lignes verticales et horizontales nettes.
  • Exploitez l’espace blanc : préservez les marges et utilisez les espaces vides pour mettre en valeur.
    Imitez les designs efficaces que vous admirez, en construisant une bibliothèque visuelle pour vous inspirer. Une attention réfléchie à l’esthétique témoigne du respect porté à vos données et à votre audience, augmentant engagement et adhésion.

6. Utilisez le texte à bon escient : servez-vous des mots pour nommer, expliquer et renforcer votre message

Un usage réfléchi du texte garantit que votre visualisation de données reste accessible.

Le texte est votre allié. Le texte joue un rôle multiple dans la communication efficace des données : il sert à nommer, introduire, expliquer, renforcer, mettre en lumière, recommander et raconter une histoire. Chaque graphique doit comporter un titre clair, et chaque axe une étiquette (sauf rares exceptions), afin d’éviter toute confusion et de consacrer la charge cognitive de l’audience à la compréhension des données, non à la déchiffrer.

Titres orientés action. Utilisez la barre de titre de vos diapositives ou visuels pour des « titres d’action » plutôt que de simples descriptions. Au lieu de « Budget 2015 », préférez « Les dépenses estimées 2015 dépassent le budget ». Cela transmet immédiatement votre principal enseignement ou appel à l’action, fixe les attentes de l’audience et garantit que votre message central n’est pas perdu.

Annotez pour plus de clarté. Ne supposez pas que votre audience tirera les mêmes conclusions que vous. Si vous souhaitez qu’elle retienne un point précis, dites-le clairement avec des mots. Annotez les points importants ou intéressants directement sur le graphique pour expliquer des nuances, souligner des résultats clés ou décrire des facteurs externes pertinents. L’exemple de David McCandless, « Peak Break-up Times According to Facebook Status Updates », illustre parfaitement comment quelques mots bien choisis rendent des données complexes instantanément accessibles et captivantes.

7. Construisez une histoire captivante : structurez votre communication avec un récit clair

Les histoires touchent et marquent bien plus que les données brutes.

Exploitez le pouvoir du récit. Les histoires captivent l’attention, suscitent l’émotion et restent en mémoire d’une façon que les faits seuls ne peuvent égaler. L’humanité communique par histoires depuis des millénaires, et cet outil puissant peut être utilisé dans les communications professionnelles. Une bonne histoire, comme Le Petit Chaperon Rouge, a un début, un milieu et une fin clairs, ancrant l’information dans notre mémoire à long terme.

Structurez avec un début, un milieu et une fin. Adoptez la structure en trois actes d’Aristote (mise en place, conflit, résolution) pour vos communications :

  • Début (intrigue) : présentez le cadre, le personnage principal (votre audience), le déséquilibre actuel (problème) et l’équilibre souhaité (solution). Suscitez l’intérêt en cadrant l’histoire autour du problème de votre audience.
  • Milieu (rebondissements) : développez « ce qui pourrait être » en convainquant votre audience de la nécessité d’agir. Fournissez contexte, exemples et données pour démontrer le problème et illustrer les bénéfices de votre solution.
  • Fin (appel à l’action) : concluez par un appel à l’action clair et explicite, rappelant le problème et l’urgence d’agir.
    Le conflit et la tension sont essentiels ; une histoire où tout est « rose » est inintéressante et peu motivante.

Assurez la fluidité narrative. Votre histoire doit suivre un ordre logique. Réfléchissez à ce qui convient le mieux à votre audience et objectif : une approche chronologique (suivant votre démarche analytique) ou commencer par la conclusion (votre recommandation). Pour les présentations orales, votre récit renforce les visuels, mais pour les rapports écrits, le texte doit pouvoir se suffire à lui-même. Utilisez la méthode « Bing, Bang, Bongo » (dites-leur ce que vous allez dire, dites-leur, puis dites-leur ce que vous avez dit) pour exploiter la répétition et assurer la mémorisation.

8. Évitez les pièges courants : fuyez les types de graphiques et pratiques inefficaces

Une règle d’or de la visualisation de données est la suivante : jamais de 3D.

Écartez les visuels trompeurs. Certains types de graphiques et choix de design nuisent systématiquement à une communication efficace et doivent être évités. Parmi eux :

  • Graphiques en secteurs et donuts : l’humain est mauvais pour comparer des angles et des surfaces, rendant ces graphiques difficiles à interpréter, surtout quand les segments sont proches en taille. Un graphique à barres horizontales est presque toujours une meilleure alternative.
  • Effets 3D : n’utilisez jamais la 3D sauf si vous représentez une troisième dimension, et même dans ce cas, avec une extrême prudence. La 3D déforme la perception visuelle, rendant les données difficiles voire impossibles à interpréter et comparer, comme le montre l’exemple trompeur du graphique Fox News.
  • Axes Y secondaires : ils embrouillent souvent l’audience qui doit deviner quelle série de données correspond à quel axe. Préférez étiqueter directement les points de données ou séparer les graphiques verticalement avec des axes X cohérents.

Méfiez-vous du « spaghetti graph ». Les graphiques en lignes avec trop de courbes superposées deviennent illisibles. Pour les démêler :

  • Mettez en avant une ligne : utilisez les attributs préattentifs (couleur, épaisseur) pour faire ressortir une série tandis que les autres s’effacent en arrière-plan.
  • Séparez spatialement : divisez le graphique en petits multiples, verticalement (axe X commun) ou horizontalement (axe Y commun), pour faciliter la comparaison des tendances ou valeurs individuelles.
    Privilégiez toujours la clarté plutôt que de surcharger un visuel.

9. Itérez et sollicitez des retours : améliorez vos visuels par un processus continu

Quand la meilleure façon de visualiser certaines données n’est pas évidente, commencez par une feuille blanche.

Adoptez l’itération. La création de visualisations efficaces est rarement linéaire ; elle demande des allers-retours. Commencez par esquisser vos idées sur papier pour brainstormer librement, sans contraintes logicielles. Cette approche basse fidélité réduit l’attachement aux premiers designs, facilitant leur abandon ou modification. Une fois dans un outil numérique, adoptez une « approche optométriste » : créez une version A, puis une version B avec un seul changement, et comparez pour choisir la meilleure.

Cherchez des perspectives diverses. Un regard neuf est précieux. Partagez votre travail en cours avec un ami ou collègue, surtout quelqu’un qui ne connaît pas le contexte. Demandez-lui ce à quoi il prête attention en premier, ses observations, ses questions, et ses suggestions d’amélioration. Ces retours vous aident à voir votre visuel à travers les yeux de votre audience, identifiant confusions ou opportunités manquées de clarté.

Prévoyez suffisamment de temps. Raconter une histoire avec des données demande du temps. Il est facile que la collecte, le nettoyage et l’analyse des données monopolisent tout le temps disponible, laissant peu pour la phase cruciale de communication. Pourtant, c’est seulement cette phase que votre audience verra. Allouez un temps conséquent à la conception, au raffinement et à l’itération de vos visuels et de votre récit. Cet investissement évite la perte de valeur potentielle et garantit que vos insights entraî

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Résumé des avis

4.47 sur 5
Moyenne de 179 évaluations de Goodreads et Amazon.

Storytelling with Data recueille des éloges unanimes de la part des lecteurs, avec une note moyenne de 4,47 sur 5. Ces derniers apprécient particulièrement son approche pragmatique de la visualisation des données, qui propose des méthodes systématiques pour une communication claire et efficace. L’ouvrage est salué pour son accompagnement pas à pas, ses exercices pratiques et son insistance sur l’importance d’alléger les graphiques. Il s’avère précieux tant pour les professionnels des données que pour ceux qui souhaitent perfectionner leur art du récit. Nombreux sont ceux qui le considèrent comme une ressource complète, venant enrichir les travaux antérieurs de l’auteur et offrant des conseils concrets pour élaborer des narrations de données percutantes.

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4.66
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À propos de l'auteur

Cole Nussbaumer Knaflic est une experte reconnue en visualisation de données et en narration visuelle. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur ce sujet, dont la célèbre série « Storytelling with Data ». Son travail vise à enseigner aux professionnels comment transmettre efficacement des informations complexes grâce à des visuels clairs et captivants. Sa méthode privilégie la simplicité, l’élimination du superflu et l’utilisation stratégique des éléments graphiques pour faciliter la compréhension. L’expertise de Knaflic repose sur son expérience auprès de diverses organisations, dont Google, ainsi que sur son parcours en analyse quantitative. Ses livres et ateliers sont devenus des références incontournables pour les professionnels des données souhaitant perfectionner leurs compétences en communication.

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